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25/02/2008

Le jour où Nicolas Sarkozy deviendra adulte

Pour ceux qui avaient encore quelques doutes, les dernières incartades verbales de celui qui nous fait fonction de président de la République devraient finir de les convaincre que nous avons à la tête de l'Etat un adolescent de 53 ans à peine dégrossi.

Ce "casse-toi alors, pauvre con" n'est que l'ultime épisode d'un comportement de cour de récréation plus que de chef d'état. Il fait écho à d'autres échanges où notre coq en chef, la crête fière, interpellait qui un marin-pêcheur au Guilvinec en novembre dernier, qui des jeunes de banlieue les traitant de racailles alors qu'il n'était encore que ministre de l'intérieur en 2006.

Et s'il n'y avait que les dérapages verbaux. Mais tout cela est à rapprocher à sa pratique décidément bien juvénile du SMS, que ce soit avec le supposé "si tu reviens, j'annule tout" comme avec le désormais fameux SMS du Vatican, sans doute un message urgent de Dieu en personne, à faire passer à Benoît, ce dernier n'ayant pas encore cédé aux sirènes de la modernité communicationnelle.

Et que dire de son rapport aux femmes. Là encore, à parader avec la plus belle de la cour de récré, sans même attendre de faire le deuil d'un amour défunt qui était pourtant quelques mois auparavant l'amour de sa vie. Et que je te l'emmène à DisneyLand, et que je te lui montre les pyramides et Petra, tout cela dans le jet privé de mon meilleur pote... Scooter débridé ou jet privé même combat, même attributs puérils de la virilité et de la compétition masculine.

Dernière preuve de l'immaturité du petit Nicolas, son rapport au pouvoir, cette toute-puissance supposée qui se traduit dans l'omniprésence du "je veux" dans nombres de ces discours et interventions. Parmi les plus célèbres, le "je veux 3% de croissance", le "je veux dire à Ingrid que je veux qu'elle rentre", et le dernier en date, d'actualité : "Je ne veux pas qu'il y ait de nouveaux meurtres, de nouveaux viols parce qu'on a laissé sortir de prison des gens qui n'étaient pas soignés, qui n'étaient pas guéris et présentaient un danger pour la société". Y aurait-il un adulte autour de lui pour lui expliquer un jour qu'il ne suffit pas de vouloir pour que tout arrive?

Le jour où Nicolas Sarkozy deviendra adulte, alors peut-être pourrais-je le considérer comme mon président. Peut-être...

19/02/2008

Monsieur Nicolas Sarkozy, quand on persiste et qu'on signe, on assume!

A menteur, menteur et demi. A ce jeu, décidément, Nicolas Sarkozy est passé maître. Bon, faut dire qu'il est notre président, donc certainement le meilleur d'entre nous, y compris dans l'art du mensonge. Avec l'aplomb qui sied à sa fonction. Il se trouve que j'ai relu avec attention les discours de Latran et du dîner du CRIF. Et franchement, on se demande parfois s'il ne nous prend pas pour des c..., ou du moins pour des illettrés. La preuve en texte:

Discours de Latran: "Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s'il est important qu'il s'en rapproche, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance".

Discours du dîner du CRIF: "Et jamais je n'ai dit que l'instituteur était inférieur au curé, au rabbin ou à l'imam pour transmettre des valeurs."

Alors moi je veux bien que l'on tourne cela dans tous les sens, mais quand on me dit qu'il MANQUERA toujours quelque chose à l'instituteur par rapport au curé ou au pasteur, c'est quand même bien que l'un est inférieur à l'autre, d'autant plus lorsque l'on compare ces deux termes.

Et le pire, c'est que du coup, il entraîne dans ses mensonges ces "pauvres" fidèles lieutenants, obligé de prendre des paris perdus d'avance, comme en témoigne l'extrait suivant, avec dans le rôle de la cire-pompe de service, l'inénarrable Arlette Chabot.

16/02/2008

Papa, je peux aller jouer? Non, quand tu auras fini ton devoir de mémoire...

A quoi joue Nicolas Sarkozy? Combien de temps cette farce va t-elle durer? Pour qu'il arrive à me tirer de mon silence de blogueur, il faut vraiment qu'il les aligne ces derniers temps.

Dernière idée lumineuse en date : "confier" à chaque enfant de CM2 la mémoire d'un des enfants français juifs victime de la Shoah. "Inimaginable, insoutenable, dramatique et surtout injuste". Tel est le verdict de Simone Veil, qui, sans aucun doute plus que notre petit mamamouchi aux talons compensés (copyright G. Frêche), doit savoir de quoi elle parle à ce sujet. D'autres voix s'élèvent pour dénoncer cette "aberration" pédagogique et mémorielle.

Aberration pédagogique car, à l'instar de "l'affaire Guy Mocquet", faut-il une nouvelle fois répéter que ce n'est pas ainsi que l'on enseigne l'Histoire. Que ce n'est pas ainsi que l'on transmet à des enfants de 10 ans la mémoire du passé. Ainsi, c'est à dire sur un registre personnel et émotionnel. Aberration pédagogique encore car, bon sang de bonsoir, dans quel monde Nicolas Sarkozy vit-il? La Shoah est-elle passée sous silence dans les programmes scolaires? Les enseignants ne font-ils pas leur travail? N'y a t-il aucun lieu de mémoire où faire prendre conscience à nos enfants de l'horreur de la Shoah? Le "Journal d'Anne Frank" n'est-il jamais étudié au collège? "Nuits et brouillard" jamais projeté?

Aberration mémorielle enfin, car, et dès le lendemain certains auditeurs du 7-10 de France Inter se demandaient pourquoi ne pas étendre ce principe par exemple aux enfants nègres victimes de l'esclavage, on voit bien vers quelle concurrence mémorielle ce genre d'initiative peut conduire. Et cela ne rate pas, le MRAP faisant part dans un communiqué récent d'un "profond malaise" face à un "tri sélectif des mémoires". Et voilà la funeste mécanique communautaire enclenchée. On attend avec impatience la réaction d'associations comme le CRAN...

Et si vraiment Nicolas Sarkozy veut susciter l'émotion, qu'il laisse faire les artistes, les écrivains. J'ai moi-même ressenti une vive émotion, et je la ressens toujours, lorsque j'écoute, pour ne citer "que" des chanteurs de variétés comme on dit, Jean Ferrat chanter "Nuit et Brouillard", ou même Jean-Jacques Goldman sur "Comme toi", ou encore quand Guy Carlier (et oui Guy Carlier) lit son splendide texte intitulé "la jeune fille au violoncelle".

Mais cette émotion d'Etat, cet obligatoire devoir de mémoire a des relents de stalinisme, oui je dis bien de stalinisme (cela me rappelle ce que me racontaient de jeunes moscovites il y a près de quinze ans sur les hommages obligés au petit père du peuple encore en vigueur dans les classes d'école soviétiques au début des années 80). Jusqu'où ira Nicolas Sarkozy pour ne pas quitter le devant de la scène médiatique? Entre la peoplisation et la provocation, il commence à devenir véritablement fatigant. Vraiment. Il serait bon qu'il s'en aperçoive avant qu'il ne soit trop tard, car sinon, je suis prêt à parier qu'il ne tiendra pas les cinq ans de son mandat...