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03/12/2007

Oui... à un référendum

Je romps mon silence de blogueur submergé par ses occupations dans la vie réelle, celle qui, finalement, est bien plus importante que les écumes de la blogosphère, pour relayer la campagne pour un référendum sur le traité soit-disant "simplifié" de Lisbonne sur la réforme des institutions européennes. Bien évidemment, et nonobstant ma position sur le fond, je soutiens sans réserve l'appel à un référendum et vous invite, à ma bien modeste échelle, à en faire autant. Et à aller donc signer le dit appel à l'adresse suivante et rejoindre ainsi les quelques 36 000 citoyens qui vous ont déjà précédé.

Hier, dimanche 2 décembre, s'est tenu à la maison de la Chimie, un meeting du Comité National pour un Référendum. Sont intervenus à la tribune Jean-Pierre Chevènement, Nicolas Dupont-Aignan, Maire-Noëlle Lienemann, Etienne Chouard, Pierre Lefranc et Jens-Peter Bonde (ce dernier étant à l'initiative, avec une dizaine d'autres parlementaires européens, d'une pétition semblable à l'échelle de l'ensemble des pays de l'Union). Aucune mention de ce meeting ce matin sur les sites du Monde, de Libération ou du Figaro! A peine une dépêche AFP et un passage de JPC à Soir 3 ce dimanche soir. Circulez, il n'y a rien à voir.

Et voilà comment, dans un pays dit démocratique, on s'assoit allègrement sur la volonté populaire exprimée deux ans auparavant et qui, si l'on en croit un sondage récent, reste favorable à un nouveau référendum sur la même question (à plus de 60%). Car l'argumentaire des partisans de la voie parlementaire ne tient bien évidemment pas une seconde et il faut une bonne dose de mauvaise foi pour soutenir que l'élection de Nicolas Sarkozy, sous le prétexte fallacieux qu'il avait annoncé la couleur, vaut blanc-seing pour une ratification parlementaire. Notre alors "futur président" avait parlé d'un traité simplifié, traitant des aspects de mécanique institutionnelle afin de débloquer l'Europe (dont nous n'avions pas même vu qu'elle était bloquée et à qui, selon des déclarations récentes de Jean-Louis Bourlanges, le traité de Lisbonne ne suffira pas à donner un nouveau souffle, le problème étant bien plus profond - diagnostic que je partage d'ailleurs très largement). Or le texte présenté n'est ni simplifié ni même strictement institutionnel. C'est même VGE qui le dit, puisque selon l'expression du "père" de la défunte constitution, ce texte serait à 95% son oeuvre sans son nom. Allons-nous continuer la tartufferie encore longtemps?

On veut nous faire croire que les jeux sont faits puisqu'ainsi en aurait décidé notre Président omnipotent. Or, faut-il le rappeler, les 2/5 des parlementaires peuvent contraindre à la tenue d'un nouveau référendum en refusant la modification de l'article 88-1 de la Constitution que le Conseil Constitutionnel ne devrait pas manquer de demander si la mécanique institutionnelle suit les mêmes rouages que lors de la ratification du traité constitutionnel (aux mêmes causes, les mêmes effets). Les 2/5 du Congrès, cela fait 363 élus, sachant que la gauche, les verts, et les souverainistes représentent déjà 354 parlementaires. En rappelant à certains leurs promesses de campagne, de Royal à Bayrou, sur la tenue d'un référendum sur tout nouveau traité européen, il ne devrait pas être bien difficile d'arriver à cette minorité de blocage. Ainsi, tout n'est pas joué, mais surtout, il ne faut pas le dire... des fois que le peuple se réveille une nouvelle fois. D'ailleurs, Sarkozy n'en est pas dupe, lui qui confiait il y a deux semaines qu'il ne fallait surtout pas organiser de référendum en France mais également en Allemagne ou en Angleterre par exemple, afin de ne pas risquer un nouveau refus!

Alors, on se réveille, ou on prépare la vaseline?