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15/09/2007

Un étrange oubli

Il se trouve qu'hier, j'ai du entendre six ou sept fois le journal de France Inter. Et j'ai donc entendu autant de fois la nécrologie de Jacques Martin. Et pas une seule fois il n'a été fait mention des liens de l'animateur avec l'épouse du chef de l'Etat, Cécilia Sarkozy. Certes me direz-vous, cela appartenait à sa vie privée. Sauf que, dans cette même nécrologie, on parlait entre autres de ses huit enfants, de certaines de ses épouses. Et qu'il m'a semblé à plusieurs reprises au cours de la campagne et après, apercevoir de manière ostensible deux de ses filles dans les ors de la République. Bref, j'ai trouvé cela assez étrange que personne ne rappelle les liens qui ont uni l'animateur de l'école des fans et la première dame de France. D'autant plus que c'était un certain Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly, qui les avaient mariés. Je ne sais ce que signifie cet "oubli" mais j'ai trouvé soudainement les journalistes bien respectueux de la vie privée...

09/09/2007

Des premiers effets néfastes de la lecture de la lettre de Guy Moquet

Ainsi la lettre de Guy Mocquet aurait été lue par l'encadrement de l'équipe de France de rugby à nos vingt deux "guerriers" quelques heures avant le coup d'envoi de ce qui aurait du être une magnifique fête et qui, quatre vingt minutes plus tard, se transformera en naufrage collectif. Les Pumas, en une interception bien sentie et quelques chandelles qui nous en firent voir trente six, n'auront fait qu'une bouchée d'un Coq aux couleurs bien délavées.

Certes, le parlé rugby s'accommode souvent de métaphores guerrières, sur ce terrain où l'on parle tout autant de combat que de jeu, sur ce terrain qui, en plein hiver, a parfois de faux-airs de tranchées.
Mais visiblement, à trop vouloir filer la métaphore, Bernard Laporte en a tétanisé ses troupes. Après tout, même si le sport est parfois un exutoire moderne pour flatter le patriotisme de nos nations pacifiées, il doit rester un jeu. Et c'est bien là que le bât blesse, dans cet appel au sacrifice pour la patrie, dans cette gravité imposée à ce qui devrait rester un moment de bonheur et de plaisir. Le contraste était immense entre la pesanteur du jeu des bleus vendredi soir, sans inspiration ni créativité, tétanisés par l'enjeu, et la légèreté, l'inspiration, la joie du jouer ensemble du rugby néo-zélandais le lendemain après-midi.

Plutôt que la lettre de Guy Mocquet, peut-être Bernard Laporte aurait-il été plus inspiré en lisant à ces joueurs un extrait de l'Eloge du plaisir. Mais le futur secrétaire d'état aux sports, faut-il le lui reprocher, trouve ses inspirations plutôt du côté d'un certain Nicolas S. que d'un Michel O.

05/09/2007

L'épiderme du blogueur

Voilà qu'un hebdomadaire français, en l'occurrence Marianne (qui diffuse bon an mal an quelques 300 000 exemplaires chaque semaine, soit entre 1 et 1,5 millions de lecteurs) offre une publicité gratuite à un blog dans ses colonnes et que ce dernier ainsi que quelques uns de ses avocats s'en émeuvent! Non content d'une telle exposition médiatique, voilà que cette "divine surprise" leur donne une nouvelle occasion de pourfendre cette presse de caniveaux rédigée par des stagiaires qui osent se prétendre journalistes.

Bon, certes, la "publicité" ressemble plus à de la contre-publicité dans une rubrique, "Tu l'as dit bouffi" au ton très souvent humoristique voire ironique et dont l'intitulé même ne laisse guère de doute sur le second degré assumé des brèves que l'on y trouve. Oui mais voilà, le blogueur a l'épiderme chatouilleux et, alors même qu'il adore la critique souvent unilatérale quand il s'y livre, il prend rapidement ombrage d'une remise en cause d'une des vertus sinon la vertu cardinale de tout blogueur: sa liberté.

Il se trouve que What's next, puisque c'est de lui dont il s'agit, s'est effectivement fait une petite spécialité de la critique presque exclusive de la presse de gauche en particulier et de la piètre qualité de la presse française en général. Au passage, j'attends que l'on me prouve que Marianne est un journal de gauche, car je crois savoir qu'il a autant de partisans et de détracteurs à gauche qu'a droite (ce qui témoigne d'ailleurs selon moi justement de sa relative liberté). Pour s'en convaincre, il suffit de consulter la rubrique Media du blog: Libération, Le Nouvel Obs, Le Monde, le service public (France 2 et France Inter en particulier) et Marianne ont régulièrement droit à des taillages de costards en règle. J'ai même lu un certain Oliv dénier le titre de journaliste à Jean-François Khan (quand on connaît un tant soit peu la carrière de ce dernier, on ne peut qu'éclater de rire devant la prétention du rédacteur de ce billet à juger de la qualité de journaliste de Khan, mais bon, si la liberté du blogueur est une de ces premières qualités, l'humilité n'est pas bien loin d'être l'une des dernières).

C'est son droit le plus strict. Mais c'est du coup assez comique de le voir s'offusquer de pouvoir être assimilé à un blog pro-UMP. Comme si c'était une insulte, et visiblement c'en est une, une insulte à sa vertu revendiquée, comme je le disais plus haut, sa liberté. Or un blog qui, pour l'avoir fréquenté quelques temps, a une lecture quasi univoque des événements qu'il commente m'apparaît plutôt prisonnier de certaines analyses, d'une certaine vision sinon d'une idéologie certaine que libre de tout préjugé. Enfin moi, ce que j'en pense...

La dictature de la liberté dans la blogosphère, voilà un bon sujet de réflexion pour les longues semaines d'hiver qui nous attendent.