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23/10/2006

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Voici les sites qui parlent de Les malentendus de la libéralisation :

Commentaires

Offset

Um ...
Ca depend. Si tu garde le meme service : Abo FT + Coms, la facture sera sensiblement la meme (indexe sur l'inflation).

Sauf que plus de service, plus cher ...

Krysztoff

@ offset

Mais justement, il me semble que c'est une erreur que de raisonner à service constant. Il faut plutôt raisonner à "besoin" constant. L'ensemble des services de communication (téléphonie+internet+mobile) vise à répondre à un besoin, celui de communication. D'ailleurs, avec la convergence technologique, cette notion de discrimination des services est de moins en moins pertinente.

stefbac

Excellent article.

La libéralisation des anciens monopoles publics entrainent des oligopoles privés où quelques entreprises se partagent comme vous dites le gateau... Point de concurrence, et le client se fait plumer...

Pour les télécoms, on peut se dire que ce n'est pas grave... quoiue ! Mais pour des secteurs comme le gaz ou l'électricité, outre les factures qui risquent d'augmenter considérablement, on est en droit de s'inquiéter à la sécurité... Ces entreprises ne seront-elles pas tentées de consacrer plus d'argent au marketing et à la publicité au détriment de la sécurité de leurs installations? Idem pour la recherche ?

Plutôt que de mettre tous les secteurs à la concurrence au nom de l'ortodoxie libérale, l'union eurpéenne aurait peut-être due promouvoir la coopération entre services publics?

Nixo

Votre démonstration omet un point absolument capital: la concurrence non-prix, dont la dénsité s'observe dans les investissement en infrastructure et en technologie. Si nous étions resté sous la coupe protectrice de ce bon monopole France Telecom, nous serions encore au 56K, et votre blog ne serait pas aussi joli (ajoutez à cela le coût - que vs semblez oublier - du financement public par le contribuable).

Prenez également le courrier express international, un segment de marché concurrentiel, dans le secteur postal. Les prix sont élevés, mais les "oligopoles" dont vous parlez y exercent une concurrence féroce, ou le moindre retard est sanctionné par des pertes de parts de marché (il n'y a pas de lien formel entre une structure de marché oligopolistique et une performance économique sous optimale).

En réalité, les politiques de libéralisation produisent des effets diffus et de long terme. Normal donc que l'homme de la rue y soit hostile. Une bonne pédagogie est nécessaire.

DG

Nixo,

La pédagogie, si c'est la vocation de votre message, me concernant, ne me suffirait pas en terme d'arguments.

L'argument émotionnel d'encore une fois vider la bourse du "pauvre" contribuable pour financer l'évolution des techniques me soûle un peu plus à chaque fois(..hips!) Et le minitel par exemple, qui est ce qui l'a financé en son temps ? Et le TGV ?

Nixo

@DG: qques observations, pêle-mêle.

1. Je n'ai nullement dit que l'on vidait la bourse du contribuable en financant les techniques, mais plutot en financant des entreprises obèses car surprotégées. C'est plutôt cela qui me "saoûle" pour reprendre votre expression.

2. Par ailleurs, le TGV - à vérifier - est en réalité un exemple de financement public-privé (in passing, une source d'inspiration pour l'université?). Je n'ai au demeurant rien contre les investissements publics (nullement incompatibles avec les politiques de libéralisation, ex. de l'Europe qui fait les deux. 1. financement public pour les grands projets d'infrastructure; 2. libéralisation des activités marchandes pour stimuler la concurrence.).

3. L'exemple du minitel me parait relever de la réécriture de l'histoire: les gens le recevaient gratuitement et l'utilisaient pour des services de renseignements gratuits. Les institutions publiques (lycées et autres) en faisaient un usage patriotique, sous la pression des pvrs publics. La réalité me semble un peu différente: aucun autre pays ne l'a adopté. Or, qt une technologie est efficiente, elle est demandée, exportée, transposée (les fameux transferts de technologie). En bref, le minitel est pour moi une aventure industrielle à ranger avec les Bull et autres "pseudo-fleurons" technologiques hexagonaux.

4. L'argument émotionnel est selon moi de dire que l'on vole le consommateur par la libéralisation. Le consommateur est volé qd les producteurs s'engagent dans un accord de cartel sur le prix des sms. Le consommateur est encore volé quand France Télécom reçoit des aides publiques énormes pour éponger sa dette, et que les concurrents n'ont qu'à la boucler. Que La Poste utilise le fric qu'elle tire des activités réservées de service public pour démolir les concurrents sur les segments concurrentiels (subventions croisées).

5. La libéralisation, c'est aussi une question de manière: "comment" on la fait. Vs avez des institutions crédibles, ca marche bien. Vs avez des institutions capturées, qui restent sous la tutelle d'intérêts politiques, ca fonctionne moins bien.

DG

Nixo,
La SNCF a financé le TGV, sur emprunts. "explosion de l'endettement de la société nationale, qui conduira, avec d'autres motifs à la réforme de 1997 qui verra la création de RFF" . Etablissement public à caractère économique et commercial . La manne publique uniquement .Ce n'est d'ailleurs pas ce qu'il y a de pire en matière de technologie, comparé à la téléphonie dont on se demande la réelle utilité publique quant aux developpements qui lui sont liés.
Je pense que les "usagers" et j'apprécie beaucoup de terme, ont plus à perdre de la privatisation quant au service qui leur est rendu.
Je ne pense pas comme un consommateur spolié mais comme une citoyenne en premier lieu , qui n'a jamais été pour la libéralisation des grandes entreprises publiques et qui l'est encore moins depuis que j'observe les conséquences de la philosophie du marché sur nos comportements sociaux et politiques .
Je n'ai pas un porte monnaie à la place du cerveau.
J'attends autre chose de la vie en société que la manne économique libérale ne peut à elle seule apporter. S'agissant de réfléchir à cet aspect là, je crois qu'elle n'a aucune intention de s'y inscrire. Au contraire, moins de politique c'est réellement son crédo. Comme le votre peut être ?
Mais mon humeur éthylique ne devrait pas vous gêner, ce n'est qu'une humeur .(Hips)

nixo

Oui, nous sommes donc en phase: comme je le disais, je n'ai aucun pb. à ce que l'état finance les grands projets d'infrastructure, bien au contraire.

Now, sur RFF, nous parlons du "gestionnaire des activités de réseau", c'est à dire une entité séparée des segments de "marché" que sont être le fret et que devraient être le transport de voyageur, etc.

La création de RFF s'explique pour deux raisons: Premièrement, l'état a compris que le financement de grands projets d'infrastructure créait un risque de crédit trop important pour des entreprises commerciales (y compris publiques) qui exercent des activités de marché (ca c'est ce que vs expliquez ds votre post).

Deuxièmement, RFF assure une mission de régulation (autrement dit d'introduction de concurrence sur les activités ferroviaires) en répartissant les sillons entre opérateurs. Cela fait parti des exigences communautaires imposées dans le cadre des politiques de libéralisation. Bref, vous voyez (vous venez de le démontrer in fact), libéralisation et financement public des infrastructures ne sont pas incompatibles.

Laissez moi ajouter deux précisions: Premièrement, la péjoration du terme libéralisme est une insulte à la langue française et à l'histoire. Le libéralisme n'est pas uniquement une théorie économique. Pour le comprendre, le mieux (pédagogie...) c'est ss doute un bouquin sur l'histoire de la révolution française et la philosophie des lumières, niveau 4ème.

Deuxièmement, la théorie économique du libéralisme n'est pas unitaire. Elle connaît au contraire de nombreuses nuances que ne reflète pas l'emploi que vs faites du terme (c'est comme si vs mettiez dans un même sac le socialisme, le national socialisme, et le communisme). Now, le courant dominant des économistes libéraux reconnait volontiers l'importance de l'intervention publique. On parle alors de défaillance(s) du marché. Exemples:
(a) biens publics - eaux, enseignement, éducation, et obligations de service universel (ou public si vs préférez)
(b)externalités: protection de l'environnement
(c) restrictions de concurrence: exploitation du consommateur par un monopole
(d) imperfection de l'information: investissements en innovation, etc.

...

Bref, le libéralisme est une théorie qui reconnait ses limites, vertue que n'ont pas de nbreuses autres idéologies.

Je comprends que tout cela puisse être un peu difficile à assimiler avec la quantité d'alcool que vous avez enquillé. Pour ma part, en bon ultralibéral que je suis, je vais fumer un gros cigare et consulter un canard d'informations boursières.

PS: Vs permettez que j'en balance une autre, pour la route? Quid des missions de service public assurées par des opérateurs privés (oui privés, j'ai bien dit privé)?

Nixo

DG

Nixo,

Après cette petite tournée, vous m'en resservirez bien une deuxième...(hips)

Je mets dans le libéralisme ce que la philosophie de certains auteurs du 18ème y ont mis, pas les seuls économistes, et que d'autres du 20ème appliquent , entre autre la doctrine qui consiste à affirmer que l'ordre du marché est naturel... que c'est le marché qui régit les liens entre les personnes en remplacement de la "philia", car les personnes n'ont pas besoin de s'aimer lorsqu'elles procèdent à un échange commercial... "le système des prix remplit cette tache en l'absence de toute politique centrale et sans qu'il soit necessaire que les gens se parlent , ni qu'ils s'aiment" M Freedman . C'est bien sûr un économiste. Je pourrais citer Ferguson " Chez les grecs le public est tout et l'individu n'est rien, chez les modernes l'individu est tout, le public n'est rien". Justement, la confrontation philosophique qui eut lieu au 18ème , était bien d'opposer la pensée du marché au contrat social. Comme l'explique Ronsavallon, une fois que l'état nation est constitué , le pacte social garantissant la paix civile , la problèmatique de la confrontation entre nations reste entière . Le supposé remède était de penser la loi des échanges commerciaux comme régulateur naturel des conflits.

Je pourrais me référer à l'accord général du commerce des services pour montrer qu'un marché n'a rien de naturel lorsqu'il pose des règles exclusives de tout autre ressort que son propre fonctionnement.
Les règles posées pour la finance sont du même acabit. Pas de limites.
Voilà ou peut se situer ma réflexion quant au libéralisme économique et ce qu'il véhicule .
Pas besoin de penser le libéralisme politique qui est bien effacé devant les enjeux économiques actuels. Il est largement moins audible pour décider de perspectives dés lors qu'il admet que les moyens pour y parvenir restent ceux qui sont fixés à priori par le marché.
Les autres champs de la politique restent mineurs devant l'économie. C'est en cela que je m'insurge.
C'est là où le bât blesse . La décentralisation et la régionalisation n'est ce pas le moyen de contourner les décisions centrales en matière de politique et règles nationales , en faveur des marchés ? Et ou donc se situerait alors ce qui est du ressort de l'intérêt public si l'objectif du marché est le contournement des politiques nationales ? A quel niveau celui ci serait il pensable, si aucune institution digne de ce nom n'aurait la légitimité à le penser au devant des contournements du marché ?

Voila toute ma question.

Je suis tout à fait d'accord pour que vous compariez mon niveau d'analyse à un niveau 4ème. Cela ne me choque pas.
Je ne pense pas être dans le même plan que le votre. Je ne vois absolument pas l'intérêt de ce qui se passe à l'heure actuelle en matière de libéralisation économique . Que le domaine des télécommunications soit par exemple en berne est demande des investissements publics, comme celui de l'electricité au EU(et la je me réfère à une analyse de Kryzstoff au sénat ) c'est une chose dont je me dis qu'elle aurait pu être pensée politiquement à long terme avant de recourir aux sacro saintes "lois" de libéralisation. Calculs à court terme et cours en bourse font la paire... Et dites moi simplement ce qu'apportent les technologies de la communication à l'intérêt public ? Quel discours politique a permis de penser que cela avait un sens? En quoi chaque citoyen a t'il pu voir que pour ce qui le concernait , ces nouvelles technologies avaient un intérêt politique à être portées ?
Lorsqu'il s'agissait d'étendre les transports ferrovières, cela avait un sens. Il restait dans l'ordre de l'intérêt général de procéder à leur developpement. Je ne vois pas en quoi les mannes publiques auraient à refinancer ce qui reste trop loin de l'intérêt général. Ce n'est pas le cas de l'electricité. Il y a là comme la compréhension que l'erreur commise doit être réparée.Ne fallait il pas y penser avant. Alors se chacher derrière des nuances sur le libéralisme....
Il me semblerait plus juste de penser une politique sur les besoins réels et non sur ce qui par la consommation privée , génère des bénéfices non réinvestis dans le giron public.

Comme l'a expliqué Kryzstoff au sénat, le jeu des investissements est aussi conduit par ce qui se passe à la bourse. Ce qui se passe à la bourse n'est certainement pas dans l'intérêt public.

Krysztoff

@ Nixo

Vos remarques sont très intéressantes et méritent quelques développements. Dans l'ordre d'apparition:

La question de l'investissement. Puisque DG le cite dans une de ces réponses, il se trouve que, dans ma vie professionnelle, j'ai "un peu" travaillé justement sur le sujet de l'investissement dans les télécoms. Il en ressort au moins deux conclusions:

- la libéralisation n'est en rien une garantie d'une utilisation optimale des investissements, fussent-ils privés (la bulle spéculative des années 2000 dans le secteur des télécoms et les multiples investissements dans des réseaux pan-européens qui pour la plupart ne se justifiaient pas en sont une des illustrations), et la situation la plus courante est soit un sur-investissement (qui conduit à un gaspillage de ressources financières, situation rare mais qui peut exister lors d'une phase de très forte croissance d'un marché émergent avec un fonctionnement de type casino - je mise sur 10 sociétés en espérant qu'une remporte le gros lot) soit un sous-investissement par manque de visibilité sur le long terme des acteurs privés, mais très rarement un investissement optimal;

- contrairement à une idée reçue, France Télécom (à l'époque DGPT) a financé pratiquement l'intégralité du déploiement du réseau public français par l'emprunt et non par l'impôt. Par ailleurs, j'aimerais savoir à quoi vous faites allusion quand vous parlez "d'aides publiques énormes pour éponger sa dette"?

Cela m'amène au second point, la question de l'innovation. Vous dites, "si... nous en serions encore au 56k". D'abord, comme dit le proverbe, avec des si... Je me garderais donc bien de réécrire l'histoire. Mais si l'on regarde dans le passé, on ne peut pas dire que l'ancien monopole public ait eu à rougir eu égard à l'innovation et à la recherche. A la fin des années 80, le réseau français était le plus avancé en termes technologiques et en termes de qualité de service. Il était le plus numérisé et le plus étendu. Nombres d'innovations étaient sorties des laboratoires de ce qui s'appelait alors le CNET. France Télécom faisait référence dans le monde des télécoms, au niveau mondial, un peu comme EDF dans le secteur électrique.
A contrario, la période de l'ouverture à la concurrence (entre 1998 et 2002) a vu les dépenses en R&D du secteur être divisées par 4! Ce n'est que depuis 2004-2005, que France Telecom a réinvesti dans l'innovation de services.
Enfin, le taux de pénétration de l'ADSL en France doit tout autant à la très bonne qualité de la boucle locale de l'opérateur historique, héritée du monopole public et à des contraintes réglementaires fortes pour ouvrir cette boucle locale aux concurrents à des prix relativement bas, qu'aux investissements des opérateurs privés. Les innovations ont été essentiellement marketing. Le seul opérateur véritablement innovant est en fait Free. Et à son sujet, cela me permet de refaire le lien avec l'histoire du Minitel. La maison-mère de Free, Illiad, a fait fortune dans les services Minitel. Ce sont ces services qui, dès le milieu des années 90, ont permis de financer le développement de Free. Cette manne financière explique en grande partie l'avance que Free a pu prendre sur le secteur de l'accès à l'Internet, en lançant des offres tarifaires révolutionnaires certes, mais qu'un opérateur sans les ressources financières d'Illiad n'aurait pu se permettre. Le minitel, quoi que vous en pensiez, ce n'était pas que l'annuaire gratuit. C'était tout un écosystème (le kiosque) qui a permis le développement de toute une industrie de fournisseurs de services. Cet écosystème a d'ailleurs grandement manqué à l'Internet dans les premiers temps.

Ceci dit, le but de mon billet n'était pas de critiquer sur le principe la libéralisation, mais de montrer que l'argument de la baisse des prix, qui est souvent évoqué comme LA justification principale de l'ouverture à la concurrence d'un marché, pouvait masquer des effets contraires sur le budget des consommateurs.

DG

Kryzstoff,

C'est à ce que vous dites que je vois les limites de mes connaissances objectives .
Ceci dit, personne n'a jusqu'à présent réussi à me convaincre sur la base d'un argumentaire objectif du bien fondé de la libéralisation pour les citoyens. C'est ma grande problématique d'ignorer l'ensemble des connaissances qui fondent le choix de ceux qui la défendent.
Ce n'est pas faute d'essayer de les comprendre ainsi que ce ressort qui pousse chacun à se penser consommateur avant tout autre statut.

nixo

Krystoff,

merci pour vos éclairages factuels. Pêle mêle encore, qques réactions et infos:

1. Quant aux investissements en R&D et autres, je ne dispose pas de données. Je suis parfaitemetn d'accord avec vous sur les investissements irrationnels des marchés en cas de choc technologique. Ceci dit, le surinvestissement permet aussi la sélection des technos les meilleures et les plus solides en un temps extrêmement rapide. Et rien ne démontre que l'investissement public soit nécessairement sur-optimal.

2. Autre chose: vous parlez de stagnation des investissements. Or, il faut aussi prendre en compte le fait que les investissements dans les réseaux ont aussi été altérés par les décisions publiques: vente à prix d'or des réseaux UMTS notamment, nécessité d'accords horizontaux de partage d'infrastructure entre opérateurs.

3. Par ailleurs, je prends aujourd'hui connaissance d'un rapport de l'ARCEP qui indique que les prix au consommateur n'ont pas augmenté. La preuve par 4 que la libéralisation n'est pas nécessairement = hausse de prix. Cependant, le régulateur insiste (i) sur l'efficacité de son intervention (une forme d'auto-légitimation) et (ii) les stratégies des opérateurs désireux de fourguer toujours plus de services aux consommateurs.

4. EDF fait référence en Europe pour être une entreprise qui a profité a plein de la libéralisation (ouverture) des marchés en faisant ses emplettes partout dans la Communauté, sans jamais être inquiétée par une quelconque pression, ni commerciale (retards de transposition des directives et statut ultra protégé), ni être elle même l'objet d'un quelconque projet industriel tiers.

5. Pour les aides à FT: http://europa.eu.int/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/06/1014&format=HTML&aged=0&language=FR

6. Quand une entreprise publique emprunte, dites moi quelle différence - sauf formelle - il y a avec le financement par l'impôt?

7. Enfin, je cherchais surtout dans mes commentaires, à répondre à DG qui - à tort selon moi - alimente la diabolisation bien franchouillarde de l'économie de marché.

DG

Nixo,
"Diabolisation bien franchouillarde", voilà le niveau que vous me donnez à voir de vous quant à votre grille de lecture.
Mépris ?
Vous m'avez peut être épargné "conservatrice","nationaliste", "xénophobe", "archaïque" mais je sens que ce n'est pas loin derrière le fond (?) de vos pensées surtout si l' on met en doute l'économie de marché dans ses principes , au regard du désintérêt général de la chose publique et de l'investissement des citoyens à penser par eux mêmes, et au regard du recul de certaines valeurs , pour seuls exemples généraux non limitatifs.


Je m'incline devant l'intelligence, rarement devant le mépris.
Et si je me suis fendue de parler à votre conscience, sous une humeur pas trés fine, mais révélatrice de mon ras le bol de ce qui n'est que le petit pré carré des petites pensées des consommateurs, c'est parce que je ne suis pas une consommatrice et que je refuse cette étiquette limitative .
Ras le bol de cette vision étriquée de notre rapport au monde et aux autres .


Je vous invite à lire le livre de Stiegler "réenchanter le monde, la valeur esprit contre le populisme industriel" et après on pourra discuter de ce que peut signifier aussi l'économie de marché dans son système de fonctionnement, ce qu'il induit de renoncements politiques et méprise des valeurs qui font lien social , à l'heure actuelle.

Je pourrais continuer, tant votre remarque me met en colère, mais je me dis qu'au fond, vous êtes comme moi, tout aussi ignorant des autres en dehors de votre propre sphère de pensée . Et je vous prête à minima la curiosité de ceux qui ne pensent pas comme vous.

Sur ce, bonsoir.

Barton

Faut quand même pas raconter n'importe quoi !

La facture téléphonique n'a peut-être pas baissé en valeur absolue, mais concrètement, pour le même prix qu'il y a 10 ans pour une simple ligne fixe, j'ai: un téléphone portable, une ligne fixe, internet, des bouquets de chaines TV, etc.

De plus, les français passent désormais leur temps au téléphone (fixe et portable), sur Internet et à taper des SMS. Il en résulte une consommation de télécommunications en pleine explosion. Si les prix de tous ces services étaient fixés uniquement par France Télécom, je peux vous garantir que seuls les habitants du 16ème arrondissement parisien pourraient consommer autant !

La libéralisation, dans la plupart des secteurs, c'est l'accès du plus grand nombre à des services de qualité.

Krysztoff

@ Barton

je vous remercie de vos amabilités..

Sauf que votre affirmation est tout simplement fausse et par ailleurs très parisienne.

Comme je le note dans mon billet, en 1996, l'abonnement à une ligne téléphonique coutait 50 francs par mois, soit environ 8 euros. Si vous avez un téléphone portable, un accès internet, une ligne fixe, des bouquets de chaîne TV et le café le matin pour ce prix là, donnez moi le nom de votre FAI.

Free propose tout ce que vous indiquez sans la téléphonie mobile pour 30 euros par mois. Si on ajoute un forfait mobile, disons 15 euros par mois, on arrive à 45 euro par mois, soit un peu plus de cinq fois plus que mes 8 euros. Certes, j'ai beaucoup plus de services mais votre affirmation me parait un peu exagérée tout de même. Cinq fois plus, c'est pas le même prix!

Mais ce n'est pas tout. Car si je dis que votre discours est très parisien, c'est que, mes 8 euros par mois pour une ligne fixe en 1996, c'était pour n'importe quel abonné où qu'il soit en France, dans le 16ème ou au fin fond de la Lozère...

Aujourd'hui, mon abonné au fin fond de la Lozère n'a tout simplement pas accès à la même offre (sans parler du prix) que vous dans le 16ème. Et sans parler de la Lozère, moi, à quelques km d'une grande métropole, parce que je ne suis pas en zone dégroupée, un simple accès Internet me coute 19,90 euros plus l'abonnement téléphonique soit 34,90 euros par mois. Soit par rapport à mes 8 euros de départ, 4 fois plus.

Je m'arrête là. Encore une fois, mon objet n'était pas de critiquer toute libéralisation mais de montrer que la libéralisation était souvent synonyme d'augmentation du budget consacré au besoin étudié (ce qui n'est pas incompatible avec baisse des prix).

Krysztoff

@ Nixo

Sur les points que vous évoquez:

1. Si vous n'avez pas de chiffre, moi j'en ai donc faite moi confiance :-)

2. Le prix des licences UMTS là où elles ont atteint des montants faramineux n'est en aucun cas le résultat d'une décision publique, au contraire. La seule décision publique dans ces cas (en particulier le Royaume-Uni) a été de s'en remettre justement au marché, en l'occurence par un mécanisme d'enchères, sensé garantir le prix de marché le plus proche de la valorisation par les opérateurs eux mêmes de cette ressource rare. En France, les coûts des licences UMTS ont été sans commune mesure avec ceux payés par les opérateurs mobiles au RU, justement parce qu'ils ont été fixé par la puissance publique.

3. Encore une fois, je me répète, le but de mon billet était de montrer que l'on pouvait avoir à la fois une baisse des prix et une hausse du budget consacré au service considéré, compte tenu de l'augmentation considérable des volumes de services consommés.

4. Certes.

5. D'après ce que j'ai pu lire, on parle ici de montants évalués à 1 milliard d'euros, je ne sais pas sur combien de temps. C'est certes une somme conséquente, mais sans commune mesure avec l'endettement de France Telecom en 2003, qui se chiffrait à plus de 50 milliards d'euros. Donc prendre cela pour des "aides publiques énormes pour éponger la dette" c'est quand même un peu exagéré.

6. C'est une énorme différence. Ce n'est pas parce qu'elle est publique qu'elle est alimentée par l'impôt! Une entreprise publique qui emprunte rembourse ses emprunts sur son exploitation. C'est ce qu'a fait France Telecom entre 1985 et 1997. C'est donc le client et non le contribuable qui paie. Par ailleurs, pour votre information, sachez que France Telecom, entreprise publique, était régulièrement prélevée sur ces bénéfices d'un montant supérieur au montant normal de l'impôt sur les sociétés par l'Etat, qui s'en servait un peu comme d'une vache à lait. Suite à la privatisatoin de France Telecom, EDF l'a remplacé dans ce rôle.

7. Je laisse à DG le soin de vous répondre...

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