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11/07/2006

Eyes Wide Shut

Eyes Ne rien voir, ne rien savoir. Regarder le spectacle mais sans vouloir voir les arrières plans. Admirer, déifier, idôlatrer, mais surtout ne jamais rien savoir de ce qui pourrait casser la magie, briser les idôles, humaniser les dieux du stade. Tel est le ressort du sport-spectacle aujourd'hui. D'un sport dont la réalité de la pratique est à mille lieux des valeurs qu'il est sensé véhiculer. Parfois même à l'opposé du discours proprement idéologique qui nous est asséné, par ses instances dirigeantes et par ses bailleurs de fonds, les publicitaires et annonceurs de tout acabit. Voilà ce que m'inspirent deux actualités récentes, l'une brûlante, la réaction "humaine, trop humaine" de Zidane, l'autre déjà oubliée, le coup de tonnerre de l'affaire Puerto et ses conséquences sur le Tour de France 2006.

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10/07/2006

Humain, trop humain

T1_zidanecelebrationJ'emprunte à Nietzsche cette formule dont il avait fait un livre, car c'est bien ce que m'inspire non pas tant le résultat d'hier soir que ce qu'il faudra désormais qualifier d'affaire "Zidane". Où comment même les héros, même les idoles, même les "dieux", ne fussent-ils que du stade, n'en restent pas moins profondément humains, avec leur faiblesse et leurs erreurs.

Nous ne saurons certainement jamais vraiment le fin mot de l'histoire. Que s'est-il passé avant ce geste par ailleurs inexcusable? Zidane n'a jamais été très bavard. Ce n'est certainement pas maintenant et dans les circonstances actuelles que nous allons le voir s'étendre à longueur d'interviews sur ce qui lui est passé par la tête avant ce fameux coup de tête. Cela n'enlève certes rien au génie du footballeur, certainement l'un des plus grands de l'histoire du foot. Il l'a encore largement prouvé hier avant cette funeste 108ème minute. Mais cela le rend, si tant est qu'il en avait besoin, décidemment encore plus humain. Durant toute sa carrière, il a évité autant que faire se peut de susciter l'idôlatrie. Il était même parfois un peu trop humble et effacé pour les publicitaires. Et voilà qu'en pleine gloire, en finale de la coupe du monde, sa dernière apparition (Zidane existe, je l'ai vu de mes propres yeux), après un match plein et un pénalty que seuls les plus grands peuvent réussir de la sorte, il redevient le gosse des quartiers nord de Marseille sur le terrain en stabilisé en bas des immeubles, qui met un coup de boule à un autre gamin qui a certainement du "traiter" sa mère (EDIT: en fait, ce serait plutôt sa soeur, si l'on en croit des spécialistes brésiliens de lecture labiale)... Humain, trop humain.

Et que dire des Italiens? N'avaient-ils pas d'autres "armes" pour vaincre hier soir? Certes, peu importe la manière, il n'y a que le résultat qui compte. Mais tout de même... La meilleure réponse à apporter à cette défaite sans perdre  sera par le jeu, encore et toujours, dans quelques semaines. Cela n'effacera rien, mais c'est la seule façon de renouer un peu avec le fil d'un rêve perdu.

Et que dire enfin de cette première historique? La première décision arbitrale par vidéo dans un match de football. Car il semblerait bien que ce soit sur demande de l'entraineur italien que le quatrième arbitre a visionné l'accrochage entre Zidane et Materazzi et en a référé à l'arbitre de champ, et ce en totale illégalité avec les règles de la FIFA, qui ne reconnaissent par le recours à la vidéo. Cela fera t-il jurisprudence? Cela conduira t-il Platini à revoir sa position contre l'arbitrage vidéo? Ou bien n'en parlerons-nous plus jamais, comme un non-dit que l'on ne veut surtout pas évoquer de crainte de réveiller de mauvais souvenirs?

Les Bleus n'accrocheront pas encore une deuxième étoile à leur tunique, et j'ai le sentiment que l'occasion ne se représentera pas de si tôt. Il faudra certainement attendre une quinzaine d'années pour revoir une génération comme celle qui vient, après un parcours malgré tout fabuleux, de tirer sa révérence avec amertume.