Ce n'est pas mon habitude, mais pour une fois et pour cause de manque chronique de temps, je ne vais qu'effleurer quelques sujets qui pourtant mériteraient amples développements. Juste histoire d'initier éventuellement quelques conversations.
Commençons par une suite de mon précédent billet. Par un curieux hasard, Jean-Paul Brighelli, auteur de La fabrique du Crétin, a posté sur son blog, Bonnet d'âne, quelques jours après mon billet intitulé "La fin de l'Ecole", un billet "contrepétrique", "L'école est finie". Ce billet a provoqué à ce jour quelques 365 commentaires! Le fond de ce billet s'appuie sur l'initiative d'un professeur de français de faire étudier à ses élèves de première d'un lycée de Montpellier, le lycée Joffre en l'occurence, plutôt un bon lycée au passage, l'autobiographie d'Hervé Vilard,"L'âme soeur". Il se trouve que j'ai moi-même lu non pas le livre en question mais une interview dudit professeur dans un journal local, La Gazette de Montpellier, la semaine dernière. Et je m'étais fait également la réflexion que si maintenant on étudiait et on présentait au bac (car les élèves ont pu mettre dans leur liste des "oeuvres" étudiées ce roman autobiographique) de tels ouvrages, l'enseignement de la littérature avait du souci à se faire. A quand la bio de Loana ou de Steevie à l'étude? Le professeur de français, en toute bonne foi et plein de bonnes intentions pour ses petites têtes blondes (celles de ses élèves, par celles des deux personnages sus-cités), expliquait que ce type de livre non seulement présentait de vraies qualités littéraires, mais avait en outre l'immense avantage par rapport à des ouvrages classiques comme les Confessions de Rousseau (traditionnellement étudié dans ce thème des oeuvres autobiographiques), d'être beaucoup plus accessible et d'avoir des résonnances contemporaines qui "parlaient bien plus aux élèves" que les disgressions et problèmes existentiels d'un Jean-Jacques du 18ème siècle. Passons sur le premier argument quand on entend Hervé Vilard "avouer" (pas plus tard qu'hier sur une radio périphérique comme on disait autrefois) qu'il s'est entouré de nombreuses plumes pour "écrire" cet ouvrage. Pour le second argument, l'accessibilité de cette "oeuvre", je vous invite à lire le billet de J.P. Brughelli, et si vous avez un peu de temps, les commentaires...
Autre point, Ségo et la chasse aux éléphants, ou comme le disait un journaliste amateur de bons mots, une vendeuse de porcelaine dans un troupeau d'éléphants. Décidément, la course à l'investiture au PS s'annonce passionnante. Et dans un climat de franche camaraderie comme on dit rue de Solférino (oui, au PS, aussi surprenant que cela puisse sembler, on s'appelle encore, mais pour combien de temps, camarade). DSK, qui semblait pourtant pas mal parti avec son blog, rame pour récupérer quelques miettes de visibilité médiatique. Lang n'en fini pas de fêter la musique. Fabius d'essayer de convaincre qu'il est le plus à gauche de tous. Les échanges de regard entre Martine Aubry et Ségolène Royal lors d'un récent débat à Lille en disaient plus long que n'importe quel discours. Et Hollande semble quand avoir du mal à se voir en "first lady". Et au milieu de tout cela, voilà notre Ségolène qui reprend presque point par point les critiques formulées sur les 35 heures, les propositions sur la sécurité, premier droit des plus pauvres, et la nécessité d'une relative fermeté envers ce que d'aucuns nommèrent à l'époque des "sauvageons", énoncées par un certain candidat à la présidentielle de 2002, candidat honni depuis par une grande partie du PS mais qui avait initié depuis quelques mois un rapprochement avec Fabius. Bref, la question reste entière aujourd'hui sur la capacité du PS à se suicider avant même le premier tour des élections de 2007.
Toujours au PS, un article intéressant du Monde daté du 31 mai, faisait le point sur les nouveaux adhérents de ce vénérable parti (plus de 60 000 en quelques mois, ce qui n'est pas rien). Et à voir le profil type du nouvel adhérent internétisé, quadra, plutôt masculin, plutôt diplômé supérieur (plus de 50% ont un niveau d'études au moins égal à bac+3), on a quand même quelques doutes quant à sa capacité à se rapprocher des couches populaires, du monde ouvrier. Cette sociologie du PS confirme, s'il en était besoin, que ce parti est en train de devenir un parti social-démocrate de classe moyenne (que de chemin parcouru depuis 1981), et qu'en conséquence, une large partie de l'électorat de gauche populaire risque de ne plus être représenté par personne en 2007. Sinon par Arlette, qui, tant que Marx lui prêtera vie, continuera tous les quatre ans à porter la voie des travailleuses et des travailleurs...
Enfin, last but not least, j'aurais aimé revenir un peu sur la "légère" claque reçu par le magicien Blair aux dernières élections municipales au Royaume-Uni. Décidément, les électeurs britanniques sont bien ingrats pour sanctionner ainsi celui qui a su redonner à la perfide Albion sa superbe. Peut-être ont-ils finalement une autre analyse que les discours lénifiants dont on nous abreuve de ce côté ci de la Manche quant au pseudo miracle anglais. J'aurais aimé revenir sur la cote de popularité de Blair (26%), la plus basse depuis des lustres pour un leader du Labour. J'aurais aimé revenir sur le désormais marronnier de la fuite des français vers Londres, au regard de cet article du Figaro qui parle d'une colonisation en douceur de la France par les britanniques (au bas mot 500 000 seraient installés en France aujourd'hui), surtout dans le Sud-Ouest et l'ouest du Massif central. Et qui tendrait à prouver que le solde est largement positif pour la France. Et que fuient-ils? "Le blairisme, les cadences infernales, les heures d'embouteillages, les services publics en capitolade, une médecine défaillante...". Et que viennent-ils chercher? Une qualité de vie, des écoles et des universités gratuites, une sécurité sociale efficace (je vous invite à lire la rubrique Why France du site www.france-property-and-life.com)... Mais j'y reviendrai sans doute puisque je suis en pleine lecture d'un ouvrage édifiant, "Le Royaume enchanté de Tony Blair", de Philippe Auclair, installé depuis plus de vingt ans outre-Manche.
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