Ordinary, indecent men
Le Monde hier : "Comment Paris a perdu les JO 2012". Non pas pour remuer encore le couteau dans la plaie. Mais simplement pour souligner que, décidemment, l'idéal olympique n'est plus qu'un lointain souvenir dans les couloirs sombres et corrompus du CIO. Une citation, une seule: "Le lobbying, dit un membre du CIO, ce n'est pas des enveloppes de billets. C'est fini çà, ou presque. Ce sont des commissions sur contrats, des subventions pour des projets. Qui peut déceler qu'une entreprise fera une offre très avantageuse pour un chantier, commissions à la clé, et que son gouvernement couvrira ses pertes?". Mauvais perdants les parisiens et le premier d'entre eux, Delanoë? Sans aucun doute répèteront les éternels admirateurs de la perfide Albion et de son dynamique dirigeant. Mais si le lobbying, que dis-je la corruption, employons le terme exact, de Blair s'est avérée plus efficace que celui de Chirac, et si c'est bien cela qui a fait pencher la balance, alors ne regrettons-rien. Et rappelons-nous que Blair, à peine installé au 10 Downing Street, avait bien failli démissionner pour une sombre histoire de dons du milliardaire Bernie Ecclestone au parti travailliste lors de la campagne de Toni, et que ce même Ecclestone, pur hasard, avait réussi à arracher au tout jeune premier ministre une exemption à la loi sur l'interdiction de publicité pour le tabac pour la F1....
Libération, hier: "Visionaire du porno, sans les yeux". Et la réaction de Koz. Ou encore dans la même veine l'article d'Isabelle Sorente "Gang Bang, la pornographie, bagne sexuel industriel" dans l'Attention. Là encore, une seule citation: "Aujourd'hui, pour gagner de l'argent dans ce secteur, il faut proposer du sexe extrême et spécialisé...L'essentiel du métier, selon Patrick Pidoux consiste à choisir les films et les images, vérifier que rien n'est illégal, configurer les sites, gérer les courriers et les paiements." Un petit business pépère quoi, à condition de fermer les yeux sur ce qui se trame derrière les images, sur les "presque plus" humains qu'on y voit. Et ça tombe bien, Patrick Pidoux est aveugle! Et en écho, une citation de l'article d'Isabelle Sorente, d'un producteur de porno trash dans un documentaire suédois intitulé "Shocking truth": "Il n'y a pas de loi interdisant de faire de l'argent dans un système capitaliste. Je n'ai pas inventé le capitalisme. Je suis innocent."
Et puis enfin, ce billet d'Eric Dupin, sur les élections italiennes, et dont je partage, pour l'avoir déjà écrit il y a quelques jours, l'étonnement de voir encore près d'un italien sur deux prêt à reconduire Berlusconi, archétype de l'homme politique cynique et sans morale, préfiguration selon certains de l'homme politique de demain.
Trois sujets apparemment sans lien entre eux. Apparemment, seulement, du moins en ce qui me concerne. Car à la fois Eric Dupin, et plus fondamentalement George Orwell, et sa fameuse "common decency", nous donnent les clés pour relier ces trois "évènements" en un tableau qui nous dépeint l'évolution de notre société vers ce qu'Eric Dupin appelle "une société de chiens", ce qu'Orwell aurait sans aucun doute pu qualifier de "society of indecency".










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