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31/12/2005

Devinette de fin d'année

En quelle année et par qui a été écrit ce texte?

"Assumer sa responsabilité politique signifie aujourd'hui se soumettre aux orthodoxies et aux "lignes de parti", avec toute la pusillanimité et la malhonnêteté que cela implique. A la différence des écrivains victoriens - et ce n'est pas à notre avantage -, nous vivons dans un monde d'idéologies nettement définies et nous sommes généralement capables de discerner les pensées hérétiques au premier coup d'oeil. Un homme de lettres moderne vit et écrit dans une crainte permanente - qui est d'ailleurs moins celle de l'opinion publique au sens le plus large que de l'opinion de son milieu. Par chance, il n'y a en général pas qu'un seul milieu; en revanche, il existe toujours une orthodoxie dominante: y contrevenir demande un caractère coriace et implique parfois de voir ses revenus réduits de moitié pendant des années d'affilée. Manifestement, depuis une quinzaine d'années, l'orthodoxie dominante, notamment parmi les jeunes, est "de gauche". Les mots clés sont "progressiste", "démocrate" et "révolutionnaire", alors que les étiquettes qu'il faut à tout prix éviter de se voir accoler sont celles de "bourgeois", de "réactionnaire" et de "fasciste". De nos jours, presque tout le monde, y compris la plupart des catholiques et des conservateurs, est "progressiste", ou du moins souhaite être tenu pour tel. Personne, que je sache, ne se définit jamais comme "bourgeois", de même qu'aucun individu assez cultivé pour avoir entendu le terme ne se reconnaît jamais coupable d'antisémitisme. Nous sommes absolument tous de bons démocrates, antifascistes et anti-impéralistes, affranchis de tout respect pour la hiérarchie sociale comme de tout préjugé racial, et ainsi de suite."

Petite précision, ce n'est pas Alain Finkielkraut fin 2005! Mais je pense qu'il ne renierait pas pour autant ces propos si l'on les lui prêtait...

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29/12/2005

Idée reçue

Manif2_2Bien évidemment, tout le monde sait que la France est minée par les grèves, véritable sport national dont nous serions les champions du monde si tant est qu'un tel championnat existe. A tel point que des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent à chaque mouvement social pour exiger la mise en place du mythique service minimum, sensé délivrer les usagers pris en otages (selon la formule désormais consacrée en pareille situation, formule qui au passage doit faire rire un peu jaune quelqu'un comme Florence Aubenas par exemple), exaspérés qu'ils sont par ces arrêts de travail incessants.

Bien évidemment... sauf que, même s'il n'y a pas de championnat du monde des grèves, il existe quand même quelques statistiques et donc un classement... Et là, affront suprême, honneur national baffoué et foulé aux pieds des manifestants battant le pavé, on découvre que non seulement, nous ne sommes pas champions du monde, mais qu'en plus, on se fait damer le pion par des pays que l'on nous cite pourtant régulièrement en exemple.

Photo (c) 2005 Brian Barsky

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28/12/2005

Le premier coup d'éclat blogostique de Nicolas Sarkozy

Sarkozypoigneedemains_1C'est donc l'événement qui secoue une partie de la blogosphère française ces derniers jours: l'interview podcastée de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, par Loïc Le Meur, apôtre français du blog, serial net entrepreneur et, à ses heures perdues, VP et managing director Europe de Six Apart, la société américaine éditrice de TypePad et Movable Type. A l'heure où j'écris, les trois notes du blog de Loïc Le Meur qui traitent de cette première dans l'univers des blogs et de la politique en France ont donné lieu à plus de 470 commentaires et 130 trackbacks, peut-être un record. Sans parler de l'audience qui a sans aucun doute explosée depuis le 23 décembre, date de la mise en ligne de la vidéo de l'entretien. Une requête "Sarkozy Le Meur" sur Google donne déjà plus de 120 000 résultats!

A la manière d'Arrêts sur Image, je ne peux résister à vous livrer mon analyse de cet événement, car il me semble que c'en est un et qu'il fera date, analyse sur la forme mais aussi sur le fond des propos tenus lors de cet entretien.

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Petit Brun extra

Lu_tradition_brun_gd_1Est-ce parce que la période des fêtes de fin d'année est propice à une certaine nostalgie? Ou bien est-ce pour, à l'approche d'une nouvelle année, donner un coup fatal à une réputation qui me colle à la peau depuis maintenant près de trente ans? Quelles que puissent être les motivations profondes qui me conduisent à livrer cette note très, mais alors très personnelle (les lecteurs qui me connaissent bien ont déja la puce à l'oreille avec le titre et l'illustration de cette note), voici donc un petit retour économique sur une passion de trente ans: le Petit Brun extra.

En effet, depuis l'âge de trois ans, comme un rituel qui marque le début de la journée, en compagnie de tartines beurrées et d'un grand bol de Banania, le paquet bleu et argenté des Petit Brun extra trône immanquablement sur ma table de petit déjeuner. C'est d'ailleurs un signe qui ne trompe pas. Je reconnais mes véritables amis à cette attention pleine de délicatesse : penser à acheter un paquet de Petit Brun lorsque je viens chez eux.

La consommation varie entre 6 et 12 petits beurres par petit déjeuner. En fait, pour être tout à fait exact, elle doit être de 6 ou 12, avec éventuellement une variante à 9. En effet, un paquet est composé de 4 piles de 6. Et il est absolument inimaginable d'entamer une pile sans la finir. Le nombre 9 s'explique par une éventuelle cession d'une demie pile, soit 3 petits beurres, à la personne qui partage ma table (ce qui représente au passage un immense privilège, non pas de partager ma table de petit déjeuner, mais le fait que j'accepte de céder 3 petits beurres sur mon quota personnel, privilège qui n'est d'ailleurs pas toujours perçu à sa juste valeur).

Je me suis donc livré à un petit calcul rapide. Si l'on prend en compte une consommation moyenne journalière de 9 petits beurres et 335 jours de consommation par an (et oui malheureusement, il y a des jours où, pour des raisons ne dépendant pas de ma volonté, je ne peux disposer de ma ration quotidienne, et ces jours là, il ne vaut mieux pas me chatouiller, du moins pendant le petit déjeuner). Que l'on considère 30 années de consommation. On arrive à une consommation totale depuis l'âge de 3 ans de 90 450 petits beurres, soit près de 3 770 paquets.

Poussons plus loin. Un lot de deux paquets de Petit Brun extra coûte aujourd'hui environ 1,45 euros. Soit 3 centimes d'euro le petit beurre. Si on déflate ce prix en tenant compte de l'inflation sur trente ans, avec comme hypothèse forte que le prix du petit beurre a suivi l'évolution de l'inflation, on arrive à un coût total de près de 2 000 euros sur trente ans (1 949,27 euros pour être exact). Finalement, c'est assez peu! Et en tout cas, cela ne correspond qu'à 22 actions du groupe Danone (l'action Danone étant côtée 89,25 euros ce jour). Bref, trente années de fidélité pour ne posséder potentiellement qu'une infinitésimale part du producteur de ce biscuit légendaire. Preuve s'il en est qu'il vaut mieux être capitaliste que consommateur, même fidèle!

Enfin, pas découragé pour deux sous, j'ai déjà commencé à conditionner mon petit garçon, agé de 18 mois à peine, et qui, depuis sa première bougie, mange deux Petit Brun à son petit déjeuner. Je vous laisse le soin de calculer dans combien de générations on pourra revendiquer une part majoritaire dans l'actionnariat de Danone!

15/12/2005

Lepénisation des esprits ou nouvelle offensive du politiquement correct?

LepenisationUn sondage commandé par Le Monde et RTL à l'institut TNS-Sofrès, et l'article du Monde qui le commente dans l'édition d'hier, relancent à nouveau le débat sur une soit-disante lepénisation des esprits en France. Le titre de l'article du Monde est on ne peut plus clair à ce sujet puisque le diagnostic parait sans appel : "Les idées du Front National s'imposent dans l'opinion". A y regarder de plus près, on peut tout de même se poser encore une fois des questions sur l'honnêteté intellectuelle du quotidien dit de référence.

Sur la forme tout d'abord. Prenons la première question analysée par l'article du Monde, celle sur le jugement à l'égard des positions de Jean-Marie Le Pen. Le Monde relève que les sondés "... ne sont plus que 39 % à les trouver "inacceptables" en 2005, soit 5 points de moins qu'en 2004 et 9 de moins qu'en 1997. Ils préfèrent à 43 % les qualifier d'"excessives", alors qu'ils étaient 37 % à le faire l'an passé. La hausse s'élève à 6 points en un an". Certes les chiffres sont exacts. Mais, en prenant la question dans l'autre sens, on constate que seuls 14% des personnes interrogées trouvent "justes" les positions de JMLP, soit moins qu'il y a un an et demi, et moins qu'en mai 2002. Malgré les évènements récents dans certaines banlieues, malgré le non au référendum, malgré le bilan peu flatteur des deux gouvernement de droite depuis mai 2002 en particulier en ce qui concerne le chômage. Certes, il y a un basculement léger des personnes interrogés "d'inacceptables" vers "excessives". Cela suffit-il à conclure à une lepénisation croissante dans le contexte actuel? Ou n'est-ce pas plutôt une façon de voir le verre à moitié vide alors qu'on peut tout aussi bien le voir à moitié plein?

Allons au fond maintenant. Troisième paragraphe. L'article note "une baisse régulière du nombre de Français qui pensent que le FN et son président "représentent un danger pour la démocratie en France" : 66 % en 2005, contre 70 % il y a trois ans." Et bien cela ne m'étonne pas du tout. Et je crois que si on me posait la question, je répondrais qu'effectivement, je ne crois pas une seule seconde que le FN représente un danger pour la démocratie en France. L'exemple de 2002 en est la plus belle illustration. Je ne crois pas un seul instant que le FN, et encore moins Le Pen, ne sera en mesure d'accéder au pouvoir en France dans un futur proche ou lointain.

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14/12/2005

Top model

Laetitiacasta6En référence aux discussions engagées autour de ces trois billets, le premier d'Hugues, et les deux suivants d'Emmanuel, qui ont dérivé, comme il est désormais coutume, sur les mérites supposés du modèle anglais, j'ai retrouvé dans mes archives une chronique datée du 31 octobre 2005, dont je vous livre ici quelques extraits, vous laissant deviner où et par qui elle a été écrite.

"... alors que les Anglais feraient volontiers croire que leur succès est dû au dynamisme de leur marché du travail, comment se fait-il que l'emploi ne s'est accru que de 6,5% depuis l'arrivée de Tony Blair au pouvoir, contre 9,4% en France? Ils se vantent de la flexibilité du dit marché mais se gardent de préciser que celle-ci tient essentiellement au fort développement du travail à temps partiel subi qui a touché d'abord les femmes et les non-qualifiés. Il en est résulté une croissance des inégalités salariales et une expansion de la pauvreté qui frappe désormais 20% des ménages anglais. Quant au fait que la moitié des emplois créés ont été des emplois publics, on voit mal en quoi cela tient à la dérégulation du marché du travail. Il faudrait enfin se demander ce que les performances affichées doivent à l'exclusion des statistiques du chômage de 2,2 millions de personnes figurant dans la catégorie "longue maladie"."

Alors? L'Huma? Le Monde Diplo? Le conseil scientifique d'ATTAC?

NDLR : bien entendu, la photo de notre Casta nationale illustrant cette note n'a que peu de rapport avec le sujet, sinon avec son titre, le but recherché étant évidemment d'augmenter sensiblement l'audience de ce blog par des procédés bien connus des hommes de marketing et des publicitaires.

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Un an

Aan1_114 décembre 2004. Première note de ce blog.
14 décembre 2005. Trente et une notes et cent seize commentaires plus tard. Pas de quoi faire une symphonie, tout juste un court refrain.

Peut-être l'heure de faire un petit bilan de cette aventure bloguesque.

Tout d'abord la génèse: c'est la faute à Publius! J'ai en effet d'abord été lecteur de blogs, en particulier celui de Versac. Puis auteur sur Publius, puisque j'ai fait partie de la joyeuse bande des créateurs. Et comme j'étais le seul à ne pas avoir de blog perso, et bien, sous la pression des foules, 1984 est né un 14 décembre.

La vie du blog ensuite: je dois l'avouer, elle n'est pas aussi riche et mouvementée que je le souhaiterais. Il y a des creux et des pleins. Des semaines sans et des jours avec. Le temps n'étant malheureusement pas extensible, cette activité scripturale pâtit bien souvent de la finitude de nos jours d'homme, et de priorités autres. Des notes sont mortes nées, d'autres, pourtant commencées, ont vu leur date de péremption dépassée, l'actualité n'attendant pas l'auteur pressé par le quotidien. Bref, peut-être un peu trop d'ambition pour le temps à y consacrer.

Alors pourquoi? Pourquoi écrire? Parce qu'au fil du temps qui passe, au fil des évènements qui bousculent le monde, un besoin nait. Celui de coucher ses pensées sur le papier, de les concrétiser, pour s'aider à rendre ce monde intelligible, d'abord pour soi (je n'ai aucune idée des statistiques de fréquentation de ce site, j'ai noué quelques liens avec certains de mes lecteurs, mais je ne saurais dire s'ils sont nombreux, à vrai dire, peu m'importe). Ecrire pour comprendre. Ecrire pour apprendre aussi, car chaque note est l'objet d'une recherche. Parce qu'écrire, mais surtout livrer ces mots au regard et à l'appréciation d'un autre, c'est s'engager, c'est devenir responsable de ces mots livrés. C'est construire sa réflexion pour et avec l'autre.

Pourquoi l'anonymat? Je pourrais écrire sous mon propre nom. Cela ne changerait pas grand chose pour moi, inconnu que je suis parmi tous mes concitoyens. Je n'ai rien à cacher. Et pourtant il me semble que l'anonymat protège mes réflexions de toute pollution contextuelle. Savoir ce que je suis, qui je suis, introduire un "je" trop identifiable, tout cela ne risquerait-il pas de biaiser la lecture, d'induire certaines grilles d'analyse, certains préjugés? L'anonymat protège mon lecteur plus qu'il ne me protège. A ce titre, je suis toujours aussi surpris, étonné, parfois mal à l'aise, de l'apparente facilité avec laquelle certains (et pour tout dire, plus souvent certaines que certains d'ailleurs) livrent des bouts de vie intimes au regard de tous. Sans doute mon côté irréductiblement laïque, cette volonté de séparer autant que faire se peut vie privée et vie publique. M'exposer ne m'intéresse pas. Confronter mes idées oui. Peut-être est-ce aussi une forme d'égoïsme. Recevoir sans vouloir trop donner.

Je ne sais pas combien de temps cette aventure va continuer. Ni sous quelle forme. Mais tant qu'il y aura de la nourriture spirituelle à partager, tu seras bienvenu à cette table, cher lecteur.

12/12/2005

Rwanda : l'affaire Péan

Rwanda2_1Le dernier livre de Pierre Péan, journaliste d'investigation, intitulé "Noires fureurs, blancs menteurs" et qui vise ni plus ni moins, selon les propos même de son auteur, à réviser l'histoire officielle autour du comportement de l'Etat français durant les années 90 au Rwanda, est le sujet de rien moins que trois papiers dans la rubrique Opinions de notre quotidien national de référence la semaine dernière.

La première, de Colette Braeckman, journaliste au quotidien belge Le Soir, spécialiste de l'Afrique des Grands Lacs et qui a écrit plusieurs livres sur le Rwanda.

La seconde, de Claudine Vidal, socioloque, directrice de recherche émérite au CNRS, et auteur entre autres de Sociologie des passions: Rwanda, Côte d'Ivoire.

Enfin, la troisième, de Jean-Pierre Chrétien, lui aussi directeur de recherche au CNRS, spécialiste de l'histoire de l'Afrique et auteur de l'Afrique des Grands Lacs.

On peut également citer ce point de vue de Patrick de Saint-Exupéry dans le Figaro du 7 décembre.

Ce livre, que je n'ai pas encore lu, et les mouvements d'opinions qu'il semble commencer à susciter ici, là, ou encore , m'interpellent particulièrement en ce moment, car il trouve un écho certain dans mes lectures du moment. Quelques explications avant d'y revenir plus longuement je l'espère.

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09/12/2005

Joyeux anniversaire

Anniversaire_1Ben voilà, nous y sommes le 9 décembre 2005. Madame "la loi de 1905" a cent ans. Cent années durant lesquelles, comme tout un chacun, elle a pris quelques rides, subi quelques affronts (dont certains, infligés sous le régime de Vichy, n'ont toujours pas été lavés par la République). On lui a même récemment imposé une canne dont elle n'aurait guère eu besoin si l'on s'en était tenu aux principes limpides et clairs qu'elle énonce. Malgré ses cent printemps, elle aurait encore toute sa force et sa vigueur si des politiques plus ou moins bien intentionnés de lui mettaient régulièrement des cierges entre les pattes ou des voiles devant les yeux. Et ce n'est pas tant d'un lifting dont elle aurait besoin, mais bien plutôt d'une oreille attentive, pour qu'on l'écoute et qu'on l'entende tel que nos illustres ancêtres parlementaires, au premier desquels Aristide Briand et Jean Jaurès, l'avaient eux compris. Pour qu'elle retrouve son esprit, tout son esprit,en tout lieu du territoire de la République.

Alors rendez-vous demain samedi 10 décembre à 14h30, place de la République, pour lui souhaiter dignement et joyeusement cet anniversaire historique.

Et merci au chat pour avoir amené le gateau d'anniversaire.

08/12/2005

Je suis blanc et je ne suis pas raciste

"Est-ce que la couleur de la peau d'un homme a plus d'importance que la couleur de ses yeux ou celle de ses cheveux? Est-ce que la race dote les individus de caractéristiques spécifiques qui détermineraient leurs comportements de toute éternité?"

KelmanTelles sont les deux questions qui ouvrent le livre de Gaston Kelman, "Je suis noir et je n'aime pas le manioc" (cf.colonne de droite rubrique Salle de lecture), préludes à bien d'autres interrogations sur la difficulté (le mot est bien faible) d'être noir et reconnu comme français, ici et maintenant, dans une France qui, selon l'expression même de Kelman, se croit multiculturelle alors qu'elle est de plus en plus "multiraciale" (même si Kelman précise d'emblée que le concept de race est inefficient dans le cas de l'homme, que l'espèce humaine est une et indivisible, un peu comme la République).

Ces questionnements sont au coeur des interrogations autour des embrasements récents de certaines banlieues comme de certains discours. Ils me semblent constituer aujourd'hui le principal défi auquel se trouve confronté notre fameux modèle social d'intégration républicaine. Petit tour de la question en compagnie d'un bourguignon revendiqué, et fier de l'être.

PS : Radioscopage - Ce matin même dans Eclectik sur Inter, l'invité de Rebecca Manzoni était Gaston Kelman pour la sortie de son nouveau livre, "Par delà le noir et le blanc".

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04/12/2005

Laurent Lafforgue

Lafforgue_1Une des plus fidèles lectrices de ce blog attirait mon attention il y a quelques jours en commentaire de cette note sur la démission récente du mathématicien Laurent Lafforgue du Haut Conseil à l'Education, à peine installé dans ses meubles.

Etant particulièrement attaché, pour de multiples raisons tant familiales que politiques à l'avenir de la plus importante institution de la République, quelques mots sur cet évènement qui, décidemment, tout illustratif qu'il est, n'augure rien de bon quant aux travaux futurs de cette énième instance de réflexion sur l'Ecole.

Photo : Laurent Lafforgue à son bureau - Official home page

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