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27/08/2005

Mur du çon

PerbenDevançant le Canard le plus célèbre de la presse française, je me précipite pour décerner sans plus tarder le laurier à notre ministre des transports Dominique Perben (ex garde des sceaux, ou peut-être était-ce des sots), surpris ce soir au journal télévisé en plein excès de stupidité. Justifiant un projet gouvernemental à l'étude de réduire la vitesse maximale autorisée sur les autoroutes de 130 km/h à 115 km/h, ce dernier a expliqué que diminuer ainsi sa vitesse de 15 km/h permettait, par la baisse de la consommation que la vitesse moindre engendre, de compenser exactement la hausse actuelle du prix du carburant.

Etant donné qu'il est plus que probable que le prix de l'essence continue à augmenter régulièrement dans les mois et années qui viennent, je laisse aux matheux le soin de calculer à partir de quel prix de l'essence nous roulerons dans un premier temps moins vite que les poids lourds sur les autoroutes et dans un second temps moins vite qu'en nous déplaçant à pied!

Tant qu'on y est, je suggère aux personnes qui vont faire le plein de leur cuve à fuel pour se chauffer cet hiver de ne pas dépasser les 15°C dans leur domicile, leur facture ne devrait pas augmenter pour cette année (si on ne prend pas en compte les achats de pulls supplémentaires). L'année prochaine, il faudra peut-être ne pas dépasser les 12°C et commencer à acheter des mouffles d'intérieur. Une autre solution est de moins faire cuire les aliments : oeuf à la coque au lieu d'oeuf dur, pattes aldante, viande saignante plutôt que bien cuite...

Et puis tient, pendant que vous y êtes, éteignez la télé et la radio, en plus des économies d'énergie, vous vous épargnerez les justifications de la droite la plus bête du monde.

18/08/2005

Crépuscule de la citoyenneté

Maria2gd"La question du politique n'est plus posée. Tout bascule si vite. Les certitudes les mieux établies s'éloignent subtilement : la gauche et la droite ne sont plus à leur place; l'Etat se retire du jeu; les citoyent s'éloignent du rituel républicain; les partis font figure de carcasses, sans vie, désossées. Tandis que la scène politique paraît décalée, jeu d'ombres où se croisent des personnages souvent absurdes, d'une naïveté désarmante, d'une grossièreté inouïe. Il y a de quoi s'inquiéter. Marianne a-t-elle jamais existé? Et Jaurès? Et de Gaulle? Le lien politique semble se distendre à une vitesse inégalée tandis que se constituent de nouveaux fiefs avec leur citadelle, que se forment des communautés qui s'imaginent rivales, que menace une mobilisation populiste solidement implantée. Qui dira l'urgence, fera prendre conscience des enjeux, donnera enfin une leçon de pédagogie nationale sans revêtir les habits du Père Fouettard? D'où resurgira le goût de la fête républicaine, le bonheur d'être ensemble, le sentiment d'une civilité fondée en fraternité? Comment naîtra enfin cette synthèse entre nation et libéralisme, toujours refoulée au nom de tant de bonnes raisons, cet esprit de pluralisme, d'ouverture à l'autre qui évite le repli, l'enfermement, l'autisme, mais aussi la posture outrancière?" Pierre Birnbaum in Présentation du numéro de Juin-Juillet 2005 de Critique, intitulé Inactualité du politique - Le citoyen entre nation et Europe.

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11/08/2005

Octrois

Starnoux1 Octroi : Taxe que certaines municipalités, pour subvenir aux dépenses communales (jusqu'en 1948), étaient autorisées à établir et percevoir sur certaines marchandises de consommation locale à leur entrée dans la ville. Par extension, administration chargée de percevoir cette taxe; local occupé par cette administration.

A l'heure où l'on ne jure que par la libre circulation des marchandises, des capitaux et des personnes, voilà que le gouvernement se découvre: il souhaite engager la privatisation totale de trois sociétés d'autoroutes d'une part (ASF, APRR et Sanef), et travaille d'autre part à un projet de mise en place de péages sur certaines routes nationales. Au delà de l'aberration économique et politique que ces deux mesures illustrent, elles représentent un formidable retour en arrière historique et risquent de ramener l'usager automobiliste, le citoyen, en des temps moyen ageux où il fallait sortir sa bourse à chaque entrée de ville (ou chaque sortie), à chaque pont, à chaque gué. Petite histoire d'une contre-révolution néolibérale à venir...

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