25/02/2008

Le jour où Nicolas Sarkozy deviendra adulte

Pour ceux qui avaient encore quelques doutes, les dernières incartades verbales de celui qui nous fait fonction de président de la République devraient finir de les convaincre que nous avons à la tête de l'Etat un adolescent de 53 ans à peine dégrossi.

Ce "casse-toi alors, pauvre con" n'est que l'ultime épisode d'un comportement de cour de récréation plus que de chef d'état. Il fait écho à d'autres échanges où notre coq en chef, la crête fière, interpellait qui un marin-pêcheur au Guilvinec en novembre dernier, qui des jeunes de banlieue les traitant de racailles alors qu'il n'était encore que ministre de l'intérieur en 2006.

Et s'il n'y avait que les dérapages verbaux. Mais tout cela est à rapprocher à sa pratique décidément bien juvénile du SMS, que ce soit avec le supposé "si tu reviens, j'annule tout" comme avec le désormais fameux SMS du Vatican, sans doute un message urgent de Dieu en personne, à faire passer à Benoît, ce dernier n'ayant pas encore cédé aux sirènes de la modernité communicationnelle.

Et que dire de son rapport aux femmes. Là encore, à parader avec la plus belle de la cour de récré, sans même attendre de faire le deuil d'un amour défunt qui était pourtant quelques mois auparavant l'amour de sa vie. Et que je te l'emmène à DisneyLand, et que je te lui montre les pyramides et Petra, tout cela dans le jet privé de mon meilleur pote... Scooter débridé ou jet privé même combat, même attributs puérils de la virilité et de la compétition masculine.

Dernière preuve de l'immaturité du petit Nicolas, son rapport au pouvoir, cette toute-puissance supposée qui se traduit dans l'omniprésence du "je veux" dans nombres de ces discours et interventions. Parmi les plus célèbres, le "je veux 3% de croissance", le "je veux dire à Ingrid que je veux qu'elle rentre", et le dernier en date, d'actualité : "Je ne veux pas qu'il y ait de nouveaux meurtres, de nouveaux viols parce qu'on a laissé sortir de prison des gens qui n'étaient pas soignés, qui n'étaient pas guéris et présentaient un danger pour la société". Y aurait-il un adulte autour de lui pour lui expliquer un jour qu'il ne suffit pas de vouloir pour que tout arrive?

Le jour où Nicolas Sarkozy deviendra adulte, alors peut-être pourrais-je le considérer comme mon président. Peut-être...

19/02/2008

Monsieur Nicolas Sarkozy, quand on persiste et qu'on signe, on assume!

A menteur, menteur et demi. A ce jeu, décidément, Nicolas Sarkozy est passé maître. Bon, faut dire qu'il est notre président, donc certainement le meilleur d'entre nous, y compris dans l'art du mensonge. Avec l'aplomb qui sied à sa fonction. Il se trouve que j'ai relu avec attention les discours de Latran et du dîner du CRIF. Et franchement, on se demande parfois s'il ne nous prend pas pour des c..., ou du moins pour des illettrés. La preuve en texte:

Discours de Latran: "Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s'il est important qu'il s'en rapproche, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance".

Discours du dîner du CRIF: "Et jamais je n'ai dit que l'instituteur était inférieur au curé, au rabbin ou à l'imam pour transmettre des valeurs."

Alors moi je veux bien que l'on tourne cela dans tous les sens, mais quand on me dit qu'il MANQUERA toujours quelque chose à l'instituteur par rapport au curé ou au pasteur, c'est quand même bien que l'un est inférieur à l'autre, d'autant plus lorsque l'on compare ces deux termes.

Et le pire, c'est que du coup, il entraîne dans ses mensonges ces "pauvres" fidèles lieutenants, obligé de prendre des paris perdus d'avance, comme en témoigne l'extrait suivant, avec dans le rôle de la cire-pompe de service, l'inénarrable Arlette Chabot.

16/02/2008

Papa, je peux aller jouer? Non, quand tu auras fini ton devoir de mémoire...

A quoi joue Nicolas Sarkozy? Combien de temps cette farce va t-elle durer? Pour qu'il arrive à me tirer de mon silence de blogueur, il faut vraiment qu'il les aligne ces derniers temps.

Dernière idée lumineuse en date : "confier" à chaque enfant de CM2 la mémoire d'un des enfants français juifs victime de la Shoah. "Inimaginable, insoutenable, dramatique et surtout injuste". Tel est le verdict de Simone Veil, qui, sans aucun doute plus que notre petit mamamouchi aux talons compensés (copyright G. Frêche), doit savoir de quoi elle parle à ce sujet. D'autres voix s'élèvent pour dénoncer cette "aberration" pédagogique et mémorielle.

Aberration pédagogique car, à l'instar de "l'affaire Guy Mocquet", faut-il une nouvelle fois répéter que ce n'est pas ainsi que l'on enseigne l'Histoire. Que ce n'est pas ainsi que l'on transmet à des enfants de 10 ans la mémoire du passé. Ainsi, c'est à dire sur un registre personnel et émotionnel. Aberration pédagogique encore car, bon sang de bonsoir, dans quel monde Nicolas Sarkozy vit-il? La Shoah est-elle passée sous silence dans les programmes scolaires? Les enseignants ne font-ils pas leur travail? N'y a t-il aucun lieu de mémoire où faire prendre conscience à nos enfants de l'horreur de la Shoah? Le "Journal d'Anne Frank" n'est-il jamais étudié au collège? "Nuits et brouillard" jamais projeté?

Aberration mémorielle enfin, car, et dès le lendemain certains auditeurs du 7-10 de France Inter se demandaient pourquoi ne pas étendre ce principe par exemple aux enfants nègres victimes de l'esclavage, on voit bien vers quelle concurrence mémorielle ce genre d'initiative peut conduire. Et cela ne rate pas, le MRAP faisant part dans un communiqué récent d'un "profond malaise" face à un "tri sélectif des mémoires". Et voilà la funeste mécanique communautaire enclenchée. On attend avec impatience la réaction d'associations comme le CRAN...

Et si vraiment Nicolas Sarkozy veut susciter l'émotion, qu'il laisse faire les artistes, les écrivains. J'ai moi-même ressenti une vive émotion, et je la ressens toujours, lorsque j'écoute, pour ne citer "que" des chanteurs de variétés comme on dit, Jean Ferrat chanter "Nuit et Brouillard", ou même Jean-Jacques Goldman sur "Comme toi", ou encore quand Guy Carlier (et oui Guy Carlier) lit son splendide texte intitulé "la jeune fille au violoncelle".

Mais cette émotion d'Etat, cet obligatoire devoir de mémoire a des relents de stalinisme, oui je dis bien de stalinisme (cela me rappelle ce que me racontaient de jeunes moscovites il y a près de quinze ans sur les hommages obligés au petit père du peuple encore en vigueur dans les classes d'école soviétiques au début des années 80). Jusqu'où ira Nicolas Sarkozy pour ne pas quitter le devant de la scène médiatique? Entre la peoplisation et la provocation, il commence à devenir véritablement fatigant. Vraiment. Il serait bon qu'il s'en aperçoive avant qu'il ne soit trop tard, car sinon, je suis prêt à parier qu'il ne tiendra pas les cinq ans de son mandat...

03/12/2007

Oui... à un référendum

Je romps mon silence de blogueur submergé par ses occupations dans la vie réelle, celle qui, finalement, est bien plus importante que les écumes de la blogosphère, pour relayer la campagne pour un référendum sur le traité soit-disant "simplifié" de Lisbonne sur la réforme des institutions européennes. Bien évidemment, et nonobstant ma position sur le fond, je soutiens sans réserve l'appel à un référendum et vous invite, à ma bien modeste échelle, à en faire autant. Et à aller donc signer le dit appel à l'adresse suivante et rejoindre ainsi les quelques 36 000 citoyens qui vous ont déjà précédé.

Hier, dimanche 2 décembre, s'est tenu à la maison de la Chimie, un meeting du Comité National pour un Référendum. Sont intervenus à la tribune Jean-Pierre Chevènement, Nicolas Dupont-Aignan, Maire-Noëlle Lienemann, Etienne Chouard, Pierre Lefranc et Jens-Peter Bonde (ce dernier étant à l'initiative, avec une dizaine d'autres parlementaires européens, d'une pétition semblable à l'échelle de l'ensemble des pays de l'Union). Aucune mention de ce meeting ce matin sur les sites du Monde, de Libération ou du Figaro! A peine une dépêche AFP et un passage de JPC à Soir 3 ce dimanche soir. Circulez, il n'y a rien à voir.

Et voilà comment, dans un pays dit démocratique, on s'assoit allègrement sur la volonté populaire exprimée deux ans auparavant et qui, si l'on en croit un sondage récent, reste favorable à un nouveau référendum sur la même question (à plus de 60%). Car l'argumentaire des partisans de la voie parlementaire ne tient bien évidemment pas une seconde et il faut une bonne dose de mauvaise foi pour soutenir que l'élection de Nicolas Sarkozy, sous le prétexte fallacieux qu'il avait annoncé la couleur, vaut blanc-seing pour une ratification parlementaire. Notre alors "futur président" avait parlé d'un traité simplifié, traitant des aspects de mécanique institutionnelle afin de débloquer l'Europe (dont nous n'avions pas même vu qu'elle était bloquée et à qui, selon des déclarations récentes de Jean-Louis Bourlanges, le traité de Lisbonne ne suffira pas à donner un nouveau souffle, le problème étant bien plus profond - diagnostic que je partage d'ailleurs très largement). Or le texte présenté n'est ni simplifié ni même strictement institutionnel. C'est même VGE qui le dit, puisque selon l'expression du "père" de la défunte constitution, ce texte serait à 95% son oeuvre sans son nom. Allons-nous continuer la tartufferie encore longtemps?

On veut nous faire croire que les jeux sont faits puisqu'ainsi en aurait décidé notre Président omnipotent. Or, faut-il le rappeler, les 2/5 des parlementaires peuvent contraindre à la tenue d'un nouveau référendum en refusant la modification de l'article 88-1 de la Constitution que le Conseil Constitutionnel ne devrait pas manquer de demander si la mécanique institutionnelle suit les mêmes rouages que lors de la ratification du traité constitutionnel (aux mêmes causes, les mêmes effets). Les 2/5 du Congrès, cela fait 363 élus, sachant que la gauche, les verts, et les souverainistes représentent déjà 354 parlementaires. En rappelant à certains leurs promesses de campagne, de Royal à Bayrou, sur la tenue d'un référendum sur tout nouveau traité européen, il ne devrait pas être bien difficile d'arriver à cette minorité de blocage. Ainsi, tout n'est pas joué, mais surtout, il ne faut pas le dire... des fois que le peuple se réveille une nouvelle fois. D'ailleurs, Sarkozy n'en est pas dupe, lui qui confiait il y a deux semaines qu'il ne fallait surtout pas organiser de référendum en France mais également en Allemagne ou en Angleterre par exemple, afin de ne pas risquer un nouveau refus!

Alors, on se réveille, ou on prépare la vaseline?



17/10/2007

Dégueulasse

Qu'une secrétaire d'Etat déclare : "Je le dis aussi en tant que fille d'immigrés, y en a marre qu'on instrumentalise à chaque fois l'immigration, pour des raisons très précises. Je trouve ça dégueulasse" et voilà tout ce beau monde de professionnels de la politique de jouer les vierges effarouchées devant un tel langage bien peu châtié. Et le premier d'entre eux, P. Devedjian, de s'offusquer: "ce n'est pas bien d'injurier les membres de la majorité, c'est à dire ceux qui soutiennent le gouvernement". Tiens, bien placé celui-là pour donner des leçons de politesse et de bonne tenue. Parce que, évidemment, tant que c'est off, on peut dire ce que l'on veut et traiter une adversaire politique de "salope". Mais en public, grand dieu, vous n'imaginez pas! On va lui apprendre les bonnes manières à cette beurrette bleuette. Et celle qui va s'en charger, c'est N. Morano: "La liberté de parole s'accompagne d'un devoir de politesse". Elle aussi, bien placée pour faire la morale, elle qui doit son exposition médiatique en grande partie à une gouaille assumée et revendiquée et qui s'était d'ailleurs fait remettre à sa place par le futur président de la République en début de campagne pour avoir "grossièrement interpellé Ségolène Royal". Elle a donc bien retenu la leçon du chef.

Et bien en fait, moi aussi je trouve cette histoire d'ADN et d'immigration un peu dégueulasse, n'en déplaise aux oreilles soudainement bien sensibles de M. Devedjian et de Mme Morano (l'avantage que j'ai sur Fadela Amara c'est qu'ils ne devraient pas venir me donner des leçons de politesse).

On peut disserter des heures sur les fondements juridiques ou non de ce recours aux tests ADN, et certains le font bien mieux que moi. Mais commencer à discuter de la conformité juridique de cet amendement, c'est déjà en accepter le principe. Or c'est bien sur le principe même que cette initiative est proprement "dégueulasse". Le Comité consultatif national d'éthique ne s'y est d'ailleurs pas trompé. Effectivement, comme le dit si bien F. Fillon, ce n'est d'un détail. Mais le diable se cache bien souvent dans les détails. Et ce détail dénote, après bien d'autres, tel la conception de la pédophilie très particulière de N. Sarkozy, l'importance croissante de la rhétorique génétique dans l'opinion publique. Dernier exemple en date, les déclarations hallucinantes d'un prix Nobel de médecine sur l'infériorité intellectuelle prétendument génétique des populations noires sur les populations blanches. Lier filiation en droit et filiation génétique est incroyablement réducteur. Introduire subrepticement les tests génétiques hors de toute procédure judiciaire est également annonciateur de dérives que l'on ose à peine imaginer. C'est justement par ce genre de petits détails, de petits pas, que l'on prépare le terrain à des bonds en arrière immenses. Voilà ce qui est dégueulasse.

Sans parler des arguments avancés par T. Mariani qui, une main sur le coeur (et l'autre tendue aux plus xénophobes de son électorat), jure que tout cela n'est que pour le bien des personnes concernées. Ca aussi, Fadela Amara ne l'a pas dit, mais c'est également "dégueulasse".

Et puisque nous y sommes, il y a bien d'autres choses "dégueulasses" ces derniers temps dans l'actualité.

Comme cet amalgame entre Chevènement et Maurras que notre "philosophe"(sic) préféré des médias, BHL, s'acharne à prouver dans son dernier ouvrage. Parce que vous comprenez, non content d'être responsable de l'échec de Jospin en 2002, et bien Chevènement a récidivé en 2007 auprès de S. Royal. Allez, pour le plaisir, je laisse la parole à R. Aron, en 1981, après la parution de l'Idéologie Française, du même dit philosophe: "Un auteur qui emploie volontiers les adjectifs infâme ou obscène pour qualifier les hommes et les idées invite le critique à lui rendre la pareille. Je résisterai autant que possible à la tentation, bien que le livre de Bernard-Henri Lévy présente quelques-uns des défauts qui m'horripilent : la boursouflure du style, la prétention à trancher des mérites et démérites des vivants et des morts, l'ambition de rappeler à un peuple amnésique la part engloutie de son passé, les citations détachées de leur contexte et interprétées arbitrairement."

Comme ce comportement d'intouchables (par la justice, mais aussi par le simple sens moral) des dirigeants d'EADS qui ont eu l'incroyable intuition de vendre leurs stock-options juste avant le crash boursier d'Airbus. Vous en connaissez beaucoup vous des soit-disants entrepreneurs qui ont perdu de l'argent en vendant leurs stock-options? Par contre, je connais quelques salariés d'Airbus et surtout de ses sous-traitants qui ont perdu beaucoup dans cette histoire. Il fut un temps, il y a longtemps dans l'histoire du capitalisme, où la prise de risque était réelle chez les capitalistes. Aujourd'hui, le risque est quasi nulle pour cette nouvelle aristocratie de l'argent. Mais comme disait il y a quelques années une publicité célèbre: "100% des gagnants ont tenté leur chance".

Ou encore comme ce jeu du "plus menteur que moi tu meurs" entre les représentants, actuels et anciens de l'UIMM et du patronat et les secrétaires généraux des principaux syndicats. Ainsi donc, dans le dialogue social, la vaseline a la couleur de l'argent. Fluidifiez, fluidifiez messieurs les partenaires sociaux. Si j'étais vulgaire, je dirais que pendant ce temps-là, ce sont toujours les mêmes qui se font en...tubés. Mais comme je ne le suis pas je me demande juste ce que pense l'ouvrier d'Airbus ou de Renault en voyant passer ces valises de billets. Heureusement que lui, il a l'euro-millions. Après tout, il a peut-être une chance de gagner un jour. Une sur quelques millions.

15/09/2007

Un étrange oubli

Il se trouve qu'hier, j'ai du entendre six ou sept fois le journal de France Inter. Et j'ai donc entendu autant de fois la nécrologie de Jacques Martin. Et pas une seule fois il n'a été fait mention des liens de l'animateur avec l'épouse du chef de l'Etat, Cécilia Sarkozy. Certes me direz-vous, cela appartenait à sa vie privée. Sauf que, dans cette même nécrologie, on parlait entre autres de ses huit enfants, de certaines de ses épouses. Et qu'il m'a semblé à plusieurs reprises au cours de la campagne et après, apercevoir de manière ostensible deux de ses filles dans les ors de la République. Bref, j'ai trouvé cela assez étrange que personne ne rappelle les liens qui ont uni l'animateur de l'école des fans et la première dame de France. D'autant plus que c'était un certain Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly, qui les avaient mariés. Je ne sais ce que signifie cet "oubli" mais j'ai trouvé soudainement les journalistes bien respectueux de la vie privée...

09/09/2007

Des premiers effets néfastes de la lecture de la lettre de Guy Moquet

Ainsi la lettre de Guy Mocquet aurait été lue par l'encadrement de l'équipe de France de rugby à nos vingt deux "guerriers" quelques heures avant le coup d'envoi de ce qui aurait du être une magnifique fête et qui, quatre vingt minutes plus tard, se transformera en naufrage collectif. Les Pumas, en une interception bien sentie et quelques chandelles qui nous en firent voir trente six, n'auront fait qu'une bouchée d'un Coq aux couleurs bien délavées.

Certes, le parlé rugby s'accommode souvent de métaphores guerrières, sur ce terrain où l'on parle tout autant de combat que de jeu, sur ce terrain qui, en plein hiver, a parfois de faux-airs de tranchées.
Mais visiblement, à trop vouloir filer la métaphore, Bernard Laporte en a tétanisé ses troupes. Après tout, même si le sport est parfois un exutoire moderne pour flatter le patriotisme de nos nations pacifiées, il doit rester un jeu. Et c'est bien là que le bât blesse, dans cet appel au sacrifice pour la patrie, dans cette gravité imposée à ce qui devrait rester un moment de bonheur et de plaisir. Le contraste était immense entre la pesanteur du jeu des bleus vendredi soir, sans inspiration ni créativité, tétanisés par l'enjeu, et la légèreté, l'inspiration, la joie du jouer ensemble du rugby néo-zélandais le lendemain après-midi.

Plutôt que la lettre de Guy Mocquet, peut-être Bernard Laporte aurait-il été plus inspiré en lisant à ces joueurs un extrait de l'Eloge du plaisir. Mais le futur secrétaire d'état aux sports, faut-il le lui reprocher, trouve ses inspirations plutôt du côté d'un certain Nicolas S. que d'un Michel O.

05/09/2007

L'épiderme du blogueur

Voilà qu'un hebdomadaire français, en l'occurrence Marianne (qui diffuse bon an mal an quelques 300 000 exemplaires chaque semaine, soit entre 1 et 1,5 millions de lecteurs) offre une publicité gratuite à un blog dans ses colonnes et que ce dernier ainsi que quelques uns de ses avocats s'en émeuvent! Non content d'une telle exposition médiatique, voilà que cette "divine surprise" leur donne une nouvelle occasion de pourfendre cette presse de caniveaux rédigée par des stagiaires qui osent se prétendre journalistes.

Bon, certes, la "publicité" ressemble plus à de la contre-publicité dans une rubrique, "Tu l'as dit bouffi" au ton très souvent humoristique voire ironique et dont l'intitulé même ne laisse guère de doute sur le second degré assumé des brèves que l'on y trouve. Oui mais voilà, le blogueur a l'épiderme chatouilleux et, alors même qu'il adore la critique souvent unilatérale quand il s'y livre, il prend rapidement ombrage d'une remise en cause d'une des vertus sinon la vertu cardinale de tout blogueur: sa liberté.

Il se trouve que What's next, puisque c'est de lui dont il s'agit, s'est effectivement fait une petite spécialité de la critique presque exclusive de la presse de gauche en particulier et de la piètre qualité de la presse française en général. Au passage, j'attends que l'on me prouve que Marianne est un journal de gauche, car je crois savoir qu'il a autant de partisans et de détracteurs à gauche qu'a droite (ce qui témoigne d'ailleurs selon moi justement de sa relative liberté). Pour s'en convaincre, il suffit de consulter la rubrique Media du blog: Libération, Le Nouvel Obs, Le Monde, le service public (France 2 et France Inter en particulier) et Marianne ont régulièrement droit à des taillages de costards en règle. J'ai même lu un certain Oliv dénier le titre de journaliste à Jean-François Khan (quand on connaît un tant soit peu la carrière de ce dernier, on ne peut qu'éclater de rire devant la prétention du rédacteur de ce billet à juger de la qualité de journaliste de Khan, mais bon, si la liberté du blogueur est une de ces premières qualités, l'humilité n'est pas bien loin d'être l'une des dernières).

C'est son droit le plus strict. Mais c'est du coup assez comique de le voir s'offusquer de pouvoir être assimilé à un blog pro-UMP. Comme si c'était une insulte, et visiblement c'en est une, une insulte à sa vertu revendiquée, comme je le disais plus haut, sa liberté. Or un blog qui, pour l'avoir fréquenté quelques temps, a une lecture quasi univoque des événements qu'il commente m'apparaît plutôt prisonnier de certaines analyses, d'une certaine vision sinon d'une idéologie certaine que libre de tout préjugé. Enfin moi, ce que j'en pense...

La dictature de la liberté dans la blogosphère, voilà un bon sujet de réflexion pour les longues semaines d'hiver qui nous attendent.

25/07/2007

Le Tour Menteur

Ainsi donc, le miracle de la résurrection de Vinokourov devait encore une fois (mais n'est-ce pas toujours) plus à la science et à la médecine qu'à la volonté et l'esprit sportif.
Ainsi donc, ce Tour qui devait être celui de la renaissance, comme celui de l'année dernière d'ailleurs avec le résultat que l'on sait, se révèle être encore une fois un Tour de menteurs et de tricheurs.
Ainsi donc, il semble exister deux pelotons, l'un pour gagner l'autre pour servir de faire valoir. L'un de tricheurs l'autre de coureurs. Et faut-il aller jusqu'à l'un étranger, l'autre français?

Mais quelle hypocrisie quand même! Comment un coureur tel que Vinokourov pourrait-il être seul à assumer la responsabilité de cet acte de dopage? On imagine bien notre ami Vino, vendredi soir, avant de se coucher, tout seul dans sa chambre d'hôtel, sortir de sa petite valise une poche sanguine, la suspendre à la lampe de chevet, se piquer une aiguille de transfusion dans le bras et attendre tranquillement que son breuvage coupable coule lentement dans ses veines en sirotant un diabolo menthe. Comment imaginer un instant que l'encadrement ne soit pas au courant? Comment ne pas comprendre que, malgré les risques de plus en plus grand de se faire prendre, la pression sportive, économique, financière liée aux sponsors, à la médiatisation, aux enjeux économiques, peut conduire un coureur et son encadrement sportif et médical à transgresser l'interdit. Contraints et forcés. Où sont les victimes? Où sont les coupables? Comme la tentation de faire reposer la responsabilité de l'acte au seul coureur est grande pour tous les autres acteurs?

En quelque sorte, le cyclisme aujourd'hui est une illustration parfaite du combat entre les tenants de la responsabilité individuelle, et elle seule, et ceux de la responsabilité surdéterminante du système. On assiste aujourd'hui comme hier, y compris et surtout dans les discours médiatiques et dans ceux des dirigeants du Tour, aux mêmes discours stigmatisant le coureur et lui seul. Et en ce sens, la décision des télévisions allemandes prend un autre relief. Frapper au coeur le cyclisme professionnel en lui supprimant la visibilité médiatique et donc les enjeux économiques qu'elle engendre.

Le comportement du spectateur lui aussi, pose question. L'étape du plateau de Beille, dont la montée s'est d'ailleurs faite à une allure supérieure pour Rasmussen et Contador à celle d'Armstrong en 2004, a été suivi par plus de 6 millions de spectateurs sur France Télévisions. Il y a encore et toujours des millions de personnes au bord de la route. Finalement, qu'attend le spectateur? Un cyclisme propre ou un cyclisme spectaculaire peu importe les moyens?

Et quels vont être les commentaires des journalistes sportifs après les prochains "exploits" qui ne manqueront certainement pas d'arriver, peut-être pas plus tard qu'aujourd'hui? Il faudrait ré-écouter les commentaires des journalistes de France Télévisions samedi soir et lundi soir, les odes à l'exploit et à la volonté d'un coureur exceptionnel, d'un grand champion. Quelle tonalité auront les prochaines envolées lyriques d'un Gérard Holtz ou même d'un Laurent Jalabert?

Bref, l'hypocrisie a encore de beaux jours devant elle...

29/06/2007

M. Devedjian, quelle classe!

Bravo Monsieur Devedjian, quelle classe! Traiter une adversaire politique de "salope", voilà qui révèle bien plus sur le personnage que n'importe quelle longue interview. Et quel faux-cul en plus! Extrait de l'article du Monde : Patrick Devedjian a adressé un communiqué de presse dans lequel il "renouvelle toute son estime et son amitié" à l'ancienne députée UDF du Rhône. Oui, parce que la salope en question, c'est Anne-Marie Comparini, qui avait eu l'audace innommable de ne pas faire partie du troupeau de traîtres ayant été manger la soupe à l'UMP pour conserver leur siège de député, vous savez les fameux "Nouveaux Centres". Ainsi donc, chez les Devedjian, les relations d'estime et d'amitié se ponctuent de surnoms doux et affectueux tels "salope". Je n'ose penser que cet amical qualificatif puisse avoir quelque lien avec un affront encore plus ancien de la sus-nommée, celui d'avoir battu Charles Millon à la présidence de la Région Rhône-Alpes en 1999. Charles Millon, peut-être quelqu'un pour qui Patrick Devedjian a tout son estime et son amitié, encore un "salaud" en quelque sorte.